Gauche et droite s'affrontent, 285 enfants privés de garderie

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Les garderies mises en place dans les 1er et 7e arrondissements ont cessé leur service.
Les garderies mises en place dans les 1er et 7e arrondissements ont cessé leur service. — S. PAGANO / REPORTAGES / 20 MINUTES

A peine ouvertes, déjà fermées. Les garderies gratuites du soir mises en place par la mairie de secteur depuis le 7 septembre dans onze écoles des 1er et 7e arrondissements ont arrêté leur service. En cause, l'absence de conventions entre les écoles et la mairie centrale, qui dégageraient les directeurs d'établissement de toute responsabilité en cas de problème.

« Je n'étais pas au courant, affirme Danièle Casanova, adjointe (UMP) à l'Education. Il a fallu qu'une directrice m'appelle pour me demander si j'avais signé les conventions. Mais je ne les ai jamais reçues. » A la mairie du 1-7, dirigée par Patrick Mennucci (PS), on réfute cet argument. « Le système a fonctionné dans quatre écoles l'an dernier, rappelle le maire socialiste. Dès le 30 juin, plusieurs conseils d'école ont souhaité que la mesure soit étendue. La mairie centrale était au courant depuis cette date et on lui a donné toutes les conventions le 15 août. » Autres griefs adressés par Danièle Casanova à la mairie du 1-7, « certains salariés des garderies n'ont pas de brevet d'animateur (Bafa) » et la mairie de secteur « a dépassé de 180 % son budget d'animation », qui lui permet de rétribuer le personnel.

Pour l'heure, les parents de 285 enfants n'ont donc plus de solution de garde. « On n'est pas dans l'impasse pour autant, estime l'adjointe à l'Education. Si des enseignants sont volontaires pour assurer la garderie, c'est volontiers. » Selon elle, des budgets seraient disponibles pour rémunérer les professeurs en heures supplémentaires. Autre solution avancée par l'élue UMP, assurer la garderie avec le concours d'associations spécialisées. Une formule « qui pourrait être rapidement mise en place », estime Danièle Casanova, mais qui rendrait la garderie payante, de l'ordre de 50 euros par mois et par enfant. « C'est bien le problème, estime-t-elle. C'est pourquoi il serait mieux d'avoir recours aux enseignants qui connaissent bien les enfants. » Pour les encourager à prolonger leur journée de travail, Danièle Casanova plaide pour qu'ils bénéficient d'heures supplémentaires défiscalisées payées par l'Education nationale, comme c'est le cas aujourd'hui uniquement dans les écoles classées ZEP. Une mesure à laquelle les syndicats d'enseignants sont opposés. W

L. B.