Paysans au pied du mûr

Laurent Berneron

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Le lait dans le Nord, les fruits et légumes dans le Sud. La Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles (FDSEA) et les Jeunes Agriculteurs (JA) se sont réunis hier au marché d'intérêt national (MIN) de Châteaurenard, pour « un adieu aux paysans ». Symbolique, l'action visait à faire pression sur le gouvernement, à la veille d'une table ronde au ministère de l'Agriculture sur l'avenir de la filière. « Les producteurs de fruits et légumes du département ont perdu 100 millions d'euros cette année, témoigne Claude Rossignol, président de la FDSEA des Bouches-du-Rhône. Si rien n'est fait, plus de la moitié d'entre eux cesseront leur activité d'ici à la fin de l'année. »

Selon le responsable syndical, les exploitants locaux ont subi pendant la saison estivale « une mévente de leurs produits ». En cause selon lui, la concurrence de « beaucoup de produits qui viennent de l'hémisphère sud, mis en valeur par la grande distribution, et ce durant toute l'année ». La crise n'est pas nouvelle : une note de l'Insee de juillet dernier révélait que le revenu net des entreprises productrices de fruits est celui qui a le plus baissé (- 37 %) entre 2007 et 2008, tous secteurs agricoles confondus.

Un dispositif d'allégements de charges est actuellement mis en place par l'Etat. Mais la FDSEA souhaite que le gouvernement aille plus loin. Notamment sur le coût du travail, la filière ayant recours à de nombreux travailleurs saisonniers. « En Espagne ou en Allemagne, le taux horaire est de l'ordre de 7 euros, alors qu'il est de 11 euros en France, explique Claude Rossignol. Je ne dis pas que le Smic est trop élevé, je veux juste que l'Etat prenne en charge une partie du coût. » W