L'Union naval marseille remise à flot en attendant son sauveur

Frédéric Legrand

— 

Six mois après la liquidation, la CGT a présenté le projet de reprise d'activité, hier.
Six mois après la liquidation, la CGT a présenté le projet de reprise d'activité, hier. — S. PAGANO / REPORTAGES / 20 MINUtes

Un préfet de la République qui rend hommage aux salariés en lutte et à la « réflexion intelligente » de la CGT : la bataille pour la survie de la réparation navale lourde à Marseille aura permis de voir ça. Hier, le syndicat CGT a présenté le projet de reprise d'activité à Mourepiane, six mois après la liquidation de l'Union naval Marseille (UNM). Michel Sappin, préfet des Bouches-du-Rhône, avait vendu la mèche la veille : en s'alliant avec des anciens sous-traitants de l'UNM, 60 des 130 ex-salariés de l'entreprise devraient créer une société anonyme pour poursuivre l'activité, le temps de trouver un repreneur.

« Les salariés pourraient mettre 2 000 euros chacun, capitalisés sur leurs allocations de chômage », explique Noël Kouici (CGT). Les parts de la société anonyme seraient réparties pour moitié entre les salariés et l'autre moitié, entre les sous-traitants. Le port de Marseille, qui mettrait à disposition de la société les locaux et les outillages, facturerait aux clients la location des cales sèches. « C'est l'intérêt de tout le monde de montrer que la réparation navale est essentielle et qu'il faut qu'elle vive », estimait mardi Michel Sappin. Le montage juridique et financier doit encore être précisé lors de prochaines réunions techniques. « Ça peut être mis en place très vite », assure Patrick Castello (CGT). D'autant que l'automne est une période chargée pour la réparation navale. « Les armateurs locaux comme la SNCM ou la CMN mettent leurs bateaux en arrêt technique, souligne Noël Kouici. La SNCM en a d'ailleurs envoyé un la semaine dernière à Toulon. »

Du côté des collectivités locales, le conseil régional de Paca et le conseil général des Bouches-du-Rhône pourraient être sollicités pour payer des formations aux salariés, lors des périodes de creux d'activité. La nouvelle société compte également bénéficier des aides « de droit commun », notamment d'une exonération de charges en début d'activité ou d'aides de trésorerie. Le maintien de l'activité doit permettre, selon la préfecture et les syndicats, de faciliter l'arrivée d'un repreneur. Un appel d'offres a été lancé par le port jusqu'à fin octobre, pour une reprise en mars-avril 2010. « On a déjà eu deux visites de repreneurs potentiels, un Allemand et un Italien, assure Patrick Castello. La CGT se veut optimiste : « Ce projet nous met dans la meilleure situation possible en cas de reprise, estime Noël Kouici. C'est la preuve que ceux qui ont cru à l'emploi industriel et qui refusaient de tout brûler ont eu raison. » W