Bataille judiciaire avec l'ancien repreneur

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Six mois après avoir la liquidation judiciaire de leur entreprise, les 130 ex-salariés de l'UNM n'ont toujours pas touché d'indemnités de licenciement. Le groupe espagnol Boluda, qui avait repris l'entreprise fin 2006, n'a pas non plus proposé aux salariés de solutions de reclassement dans ses autres filiales, notamment en Espagne. En mai, ceux-ci ont saisi la justice pour faire valoir les obligations de l'entreprise. « Pour l'inspection du travail, il n'y a pas de lien, car Boluda aurait racheté l'UNM via une société en Hollande, explique Patrick Castello (CGT). Mais dans tous les procès-verbaux du comité d'entreprise ou du conseil d'administration, il y a le nom de Boluda ! »

Saisie par la CGT contre Boluda, la justice s'intéresse aussi à certains ex- salariés de l'UNM. Une enquête avait été ouverte en mars après que des hommes cagoulés étaient intervenus de nuit sur un navire de la SNCM. En cale sèche à l'UNM, le ferry avait été dépouillé de ses « nables », les bouchons des ballasts assurant la flottaison et l'équilibre du bateau. Sans dommage pour le navire, l'opération empêchait cependant sa remise sous eau. Les pièces avaient été rendues fin mars à la compagnie. Dans une autre enquête, huit ex-salariés avaient été placés en garde à vue en mai, puis relâchés sans poursuites, après une manifestation courant mars à la chambre de commerce et dans une filiale de Boluda spécialisée dans le remorquage. Les gardes à vue avaient entraîné des rassemblements de l'ensemble des professions portuaires. W

F. L.