Antennes en chantier pour les radios FM du département

Frédéric Legrand

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Concurrencée par le Net, la durée d'écoute par auditeur a baissé de trois minutes.
Concurrencée par le Net, la durée d'écoute par auditeur a baissé de trois minutes. — S. PAGANO / REPORTAGES / 20 MINUTES

Audiences globalement stables, mais temps d'écoute à la baisse. La rentrée annonce un tournant sur les ondes des Bouches-du-Rhône, Marseille étant l'un des deux sites clés pour la radio numérique. Tour d'horizon.

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Le

palmarès

Les 59 radios FM qui émettent dans les Bouches-du-Rhône abordent la saison 2009-2010 avec des parts de marché ayant varié de - 0,8 % à + 1,4 %, selon les chiffres publiés en août par Médiamétrie. Les chiffres varient sensiblement entre Marseille, Aix et le reste du département, mais le quinté reste globalement le même : France Bleu (11,4 % de parts d'audience* l'an dernier sur l'ensemble du département), RMC (10,2 %) France Inter (9,4 %), Nostalgie (6,2 %) et Europe 1 (5,1 %). Seule vraie surprise du classement : Aix-en-Provence. La ville universitaire, qui plébiscitait déjà France Inter en 2007 (12,6 %), lui fait désormais un triomphe avec 16,6 % d'audience. Elle est la première station écoutée dans la cité du Roy René. Pas de quoi se pavaner pour autant : dans le même temps, la durée moyenne d'écoute par auditeur diminue dans tout le département. Concurrencée par Internet, la FM perd trois minutes en moyenne dans les Bouches-du-Rhône. Et certaines stations ont du souci à se faire : RTL perd 30 minutes d'écoute en moyenne en une saison, RMC, 14 minutes et France Inter, neuf minutes.

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Le passage au numérique D'ici à la fin de l'année, les radios locales s'apprêtent à passer le cap de la diffusion numérique. Avec Marseille, Nice fait partie des deux villes pilotes en la matière (lire ci-dessous). En tablant sur une diffusion mi-décembre, le CSA espère créer un mouvement pour inciter les auditeurs à s'équiper à l'occasion des fêtes de Noël. En attendant, les radios vont devoir, pendant plusieurs mois, assurer une double diffusion, numérique et analogique, qui risque d'entraîner des surcoûts. Une charge lourde pour les radios associatives. Elles représentent 20 % de l'offre dans le département, et elles ont cumulé 1,5 % d'auditeurs de 13 ans et plus la saison dernière, selon Médiamétrie, contre 5 % la saison précédente.

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Un cap difficile pour les radios associatives Avant même de passer au numérique, les finances de certaines radios associatives sont déjà précaires. Zinzine, radio aixoise, a lancé un appel aux dons en juillet pour obtenir 2 200 euros après un arrêt de la subvention du Fonds de soutien à l'expression radiophonique. La station marseillaise Radio Gazelle, revenue sur les ondes mi-août après une longue bataille judiciaire contre le CSA, organise, elle, un gala de soutien vendredi prochain pour tenter de se renflouer. W

* Parmi les auditeurs de 13 ans et plus, selon un panel représentatif.