Réduit, le MIN craint de ne plus marcher

Benoît Gilles

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Sur le papier, tout est simple. Pour rejoindre l'autoroute A 7, la future rocade L2 nord doit longer le marché d'intérêt national (MIN) des Arnavaux sur 1 km. Ce faisant, la large emprise de la future rocade de contournement devra supprimer un quart de la superficie actuelle du marché. Sur ce point, l'enquête publique close en mai dernier a émis une réserve. La restructuration du marché doit préserver « son avenir et celui des entreprises » et ne doit pas être « réductrice d'emplois ».

D'ici à quelques jours, la direction régionale de l'environnement, de l'aménagement du territoire et du logement (Dreal) va commanditer une étude qui doit déboucher sur un scénario de restructuration. « Certaines entreprises du MIN ont des activités non liées au marché, on peut leur trouver de nouveaux sites d'implantation, estime Xavier Cor, de la Dreal. Ensuite, on peut parvenir à réorganiser le MIN en consommant moins de place. » Le directeur général du marché, Jean-François Gra, ne partage pas cet optimisme. « Il faut que l'on m'explique comment on va passer de 29 hectares à 20 sans impact sur l'activité économique et sur l'emploi. Nous-mêmes vivons de la location d'emplacements, si des entreprises partent, qui les indemnisera et qui nous paiera le manque à gagner ? » Quant à trouver de l'espace sur le MIN lui-même, Jean-François Gra n'y croit pas : « A moins de le faire en souterrain ou en étages, je ne vois pas comment. » Tout ceci aura un coût. Il faudra indemniser les entreprises délocalisées et bouleverser l'organisation actuelle du marché. Or, les collectivités locales financent déjà la L2 à plus de 70 % et ne paieront pas 1 euros de plus. Du côté de Marseille Provence Métropole, en charge du marché, on dit s'en tenir au 22,5 % du budget global, de 555 millions d'euros. Et on prévient : « Nous serons attentifs à ce que la future étude associe pleinement les entreprises du MIN et la société gestionnaire. » Pour corser le tout, le calendrier est serré. L'étude doit aboutir en juillet 2010 avec l'approbation des collectivités locales, avant de passer devant le Conseil d'Etat, dernière étape avant la déclaration d'utilité publique (DUP) en décembre 2010. Mais dix-huit mois, cela semble bien court pour résoudre un tel casse-tête. W