Marie-Hélène Martinez: «Je n'aurais jamais pu faire ça»

JUSTICE Jugée avec son mari pour un double infanticide commis en 2005, elle se défend...

Carole Vinco

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Marie-Hélène Martinez a clamé son innocence devant la cour, hier à Aix
Marie-Hélène Martinez a clamé son innocence devant la cour, hier à Aix — A-C. POUJOULAT / AFP

Parole contre parole. Marie-Hélène Martinez et Jean-Paul Steinjs se sont rejeté la responsabilité du double infanticide pour lequel ils comparaissent depuis lundi devant les assises d'Aix. Le couple de Marseillais est accusé d'avoir tué les deux enfants de la jeune femme, âgés de 7 et 8 ans, retrouvés morts en octobre 2005 dans le coffre de leur voiture. L'autopsie a révélé qu'ils avaient été empoisonnés un mois plus tôt.

Lundi, Marie-Hélène Martinez a, une nouvelle fois, clamé son innocence. «Je me présente en tant que victime, dit-elle au président d'une voix à peine audible. J'aimais trop mes enfants, je n'aurais jamais pu faire ça.» La jeune femme, placée sous contrôle judiciaire, comparaît libre, alors que Jean-Paul Steinjs, qui a reconnu les faits, est détenu en prison depuis la macabre découverte. «Je suis conscient d'avoir participé à un acte horrible, confesse-t-il, la tête basse. Même si c'est angoissant d'être là, je suis soulagé car je vais pouvoir dire, devant tout le monde, la vérité.»

Ils se rejettent la faute

Selon lui, son couple qui vivait en autarcie et croulait sous les dettes, voulait repartir de zéro. C'est elle qui lui aurait ordonné de sacrifier leurs enfants, condition sine qua non pour commencer une nouvelle vie. Une version que réfute Marie-Hélène Martinez. Selon elle, c'est son mari qui a préparé le repas empoisonné, qu'elle aurait en partie mangé. Lorsqu'elle couche les enfants, elle ne remarque «rien d'anormal. Après, je ne sais pas combien de temps j'ai dormi, et quand je me suis réveillée, j'étais toute seule dans le noir.»

Mais le lendemain, «vous partez à l'hôtel, vous allez au zoo et vous ne vous souciez pas de ce que sont devenus vos enfants?», s'étonne l'avocat général. «J'étais comme une zombie, rétorque l'accusée. Steinjs a toujours dirigé les choses.» Les jurés ont cinq jours pour déterminer la responsabilité de chacun. Le couple risque la prison à perpétuité.