Première rentrée au collège musulman

Stéphanie Harounyan

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Le directeur Mohsen Ngazou va accueillir sesélèves dans des locaux tout neufs.
Le directeur Mohsen Ngazou va accueillir sesélèves dans des locaux tout neufs. — S. PAGANO / REPORTAGES / 20 MINUTES

Ridwan a le sourire. Hier, le jeune Marseillais a pu faire le tour du tout nouveau collège où il effectuera sa rentrée. Dès ce matin, trente-deux autres élèves de sixième inaugureront les chaises du collège Ibn-Khaldoun, du nom du philosophe du XIVe siècle, le premier collège privé musulman de Marseille.

« L'idée remonte déjà à quelques années, raconte Mohsen Ngazou, directeur du collège. Il y avait une attente de la communauté. L'enjeu, c'est de proposer un enseignement équilibré, renouant avec des valeurs comme le goût du travail, l'excellence. » En 2006, une association porteuse du projet est créée et les premiers appels aux dons sont lancés. « Ce sont les fidèles du centre religieux voisin qui ont financé, note le directeur. Nous n'avons pas fait appel à d'autres pays. Nous ne le ferons que si nécessaire, et sans condition. »

Aujourd'hui, les travaux ne sont pas totalement terminés dans le bâtiment de la rue Viala (15e) mais déjà trois salles de classe sont disponibles pour les élèves et la douzaine de professeurs. Magali Ben Fredj assurera les cours de français en plus des heures qu'elle effectue dans un collège public. « On est plusieurs à être bénévoles ici, c'est la motivation qui nous pousse, explique-t-elle. Dans le public j'évite de dire que je suis musulmane. Ici, je me sens plus libre. »

Pas de mélange des genres pour autant : « On suit strictement les programmes de l'Education nationale, comme dans les collèges privés catholiques », insiste-t-elle. En plus des matières classiques, les élèves ont, dès la sixième, l'arabe en deuxième langue obligatoire. L'enseignement religieux, lui, est optionnel. « C'est la plus-value, fait valoir Mohsen Ngazou. Là dessus, nous avons été clairs, les parents savent que les responsables de cet enseignement vont prodiguer un islam de modernité. »

C'est cette modération affichée qui a motivé la mère de Ridwan. « Je veux que mes enfants comprennent de quoi ils parlent pour ne pas tomber dans des extrêmes. Le plus important pour moi, c'est l'apprentissage de l'arabe et du Coran qu'on leur propose. Mais il y a aussi un mode de vie, une ambiance. » Rien de nouveau pour Ridwan : depuis la maternelle, il est scolarisé à l'école primaire musulmane de l'Olivier, au Canet. « La création du collège est une aubaine, se félicite sa mère. On espère que Ridwan fera aussi l'ouverture du lycée ! » W