Rousset veut croire à une timide reprise

Benoît Gilles

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L'usine Atmel està vendre. La visite d'investisseurs asiatiques est évoquée.
L'usine Atmel està vendre. La visite d'investisseurs asiatiques est évoquée. — S. PAGANO / REPORTAGES / 20 MINUtes

Fleuron de l'économie provençale, le village de Rousset se targuait jusqu'à il y a peu d'être « la Silicon valley européenne ». Sous la Sainte-Victoire, au milieu des vignes, le petit village de 4 000 habitants abrite l'un des pôles européens de l'industrie stratégique des semi-conducteurs, utilisés dans la téléphonie, l'automobile et l'électroménager. Rousset a même été labellisé « pôle de compétitivité mondiale » en 2005. Mais la crise économique est passée par là. Après un plan de 161 départs volontaires à l'automne, l'Américain Atmel a annoncé la mise en vente de son usine de Rousset début 2009. De son côté, STMicroelectronics a été contraint de mettre en chômage partiel une partie de ses 2 800 salariés.

Concernant la vente d'Atmel, rien ne bouge. « Nous sommes dans l'oeil du cyclone, constate Jean-Yves Guerrini, délégué CFDT des 1 300 salariés d'Atmel. Nous craignons qu'il n'y ait aucun repreneur et qu'ils bradent l'ensemble du site. Franchement, on est pessimiste. » Côté direction, silence radio. Seul Jean-Louis Canal, maire PS de Rousset et vice-président du conseil régional chargé du commerce international, se risque à évoquer la visite d'investisseurs asiatiques. Les services de l'Etat conservent un silence prudent sur l'avenir d'Atmel, tout en annonçant que les aides publiques dont a bénéficié l'entreprise « pourront être réexaminées selon le schéma de cession ». Après avoir investi des centaines de millions d'euros, les pouvoirs publics verraient d'un mauvais oeil une délocalisation d'une partie de la production installée à Rousset. « Nous ferons le maximum pour que les retombées futures restent sur le territoire, affirme Jean-Louis Canal. Même si, malheureusement, on ne peut pas interdire les délocalisations ».

Malgré les incertitudes, l'avenir de Rousset n'apparaît pas compromis : un premier timide rayon de soleil est apparu avec une reprise d'activité chez STMicroelectronics, confirmée du bout des lèvres par la direction. La société Smart Packaging Solutions a, elle, été choisie pour fabriquer les composants électroniques des futurs passeports biométriques français. Et la société Nexis, spécialisée dans le photovoltaïque, pourrait créer à terme 400 emplois dans le cadre d'un partenariat avec EDF. W