Déclarations d'Amour posthumes

Laurent Berneron

— 

En mai dernier, les supporters ont brandi des banderoles anti-Dreyfus au vélodrome.
En mai dernier, les supporters ont brandi des banderoles anti-Dreyfus au vélodrome. — S. PAGANO / REPORTAGES / 20 MINUtes

Mea culpa général sur la ville. Brocardé, hué et parfois même insulté, Robert Louis-Dreyfus a finalement reçu hier un éloge collectif. « Il faut rendre hommage à tout ce qu'il a fait dans sa vie, son seul échec est de ne pas avoir eu le temps de voir l'OM gagner, réagissait hier Michel Tonini, vice-président du club de supporters des Yankees. Avec le recul, on se dit que cela aurait été bien d'avoir le titre l'an dernier, comme cadeau d'adieu ».

Un titre de champion de France, que Michel Tonini espérait encore pour son équipe en avril dernier. A cette époque, après l'annonce du départ de l'entraîneur d'Eric Gerets sur fond de tensions avec RLD, le supporter n'hésitait pas à bouter l'actionnaire hors de la cité : « Il est interdit de séjour au Vélodrome », avait-il lancé. Pour les politiques aussi, Robert Louis-Dreyfus était parfois de trop au milieu du couple fusionnel et fantasmé, OM-Marseille. « Je suis extrêmement surpris de l'annonce du départ de Pape Diouf, regrettait il y a à peine trois semaines Jean-Claude Gaudin. J'ai été d'autant plus déçu que [Robert Louis-Dreyfus] n'a pas jugé opportun d'informer le maire de Marseille. Je trouve cette attitude très incorrecte », avait-il revendiqué. A la même époque et sur le même sujet, le président (PS) du conseil général, Jean-Noël Guérini, menaçait : « J'espère que le climat de défiance qui s'est installé ne se prolongera pas. » « Robert Louis-Dreyfus a maintenu un engagement permanent avec le club, malgré tout ce qu'on a pu dire, rappelait hier Jean-Michel Roussier, président de l'OM entre 1995 et 1999. Beaucoup d'autres seraient partis à sa place, parce que trop critiqués. Et il en a entendu... » W