La LGV aiguillée vers de nouvelles études

Frédéric Legrand

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Michel Sappin (à g.) : « la balance penche vers un passage par le centre de Marseille ».
Michel Sappin (à g.) : « la balance penche vers un passage par le centre de Marseille ». — S. PAGANO / REPORTAGES / 20 MINUtes

Selon le préfet de Paca, « c'est le dossier le plus difficile de la région ». Le projet de ligne à grande vitesse (LGV) vers Nice pourrait faire l'objet d'études techniques supplémentaires, a expliqué hier Michel Sappin. Il y a dix jours, le médiateur Yves Cousquer a rendu au ministre de l'Environnement, Jean-Louis Borloo, son rapport sur le projet, après avoir consulté les collectivités locales.

« Le médiateur explique qu'il y aura un gros problème d'ici dix, vingt ou trente ans à Saint-Charles et sur les voies dans la vallée de l'Huveaune », souligne le préfet. Gare et voies ne seraient en effet pas adaptée pour absorber l'augmentation de trafic des TER et des TGV, prévue notamment dans le Grenelle de l'environnement. Marseille serait donc, à terme, obligée de créer une nouvelle gare ou de réorganiser complètement Saint-Charles. Faire passer la LGV au sud du département pourrait donc être l'occasion de faire d'une pierre deux coups. « Cela fait un peu pencher la balance vers un passage par le centre de Marseille, reconnaît le préfet. Sur ces éléments, Yves Cousquer recommande des études complémentaires. »

Seulement, en février, Jean-Louis Borloo avait annoncé que le gouvernement présenterait le tracé retenu fin juin, et en bouclerait le financement fin décembre. De nouvelles études pourraient remettre en cause tout ce calendrier, d'autant que le médiateur préconise de trouver un accord sur le financement de la ligne avant d'en choisir le tracé. Une véritable gageure à neuf mois des régionales, alors que le dossier est politiquement explosif. Si le tracé via Marseille n'était pas retenu, ce serait une défaite politique pour le maire (UMP) de Marseille, Jean-Claude Gaudin, et le président (PS) du conseil général, Jean-Noël Guérini. Ce dernier a déjà annoncé qu'il ne financerait pas un autre tracé. La situation est encore plus tendue dans le Var. « Techniquement, le passage de Toulon est le sujet le plus difficile » du projet, estime le préfet. Que la ligne passe ou non en centre-ville, elle va créer des mécontents. Or le maire (UMP) de Toulon pourrait jouer un rôle de premier plan aux régionales. De quoi, craignent certains élus, justifier une mise au frigo de la LGV, jusqu'à la mi-2010, après les élections. W