Maryse s'en va, PS et MoDem se rapprochent

Laurent Berneron

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Maryse Joissains a laissé la main vendredi à une délégation chargée de gérer la ville.
Maryse Joissains a laissé la main vendredi à une délégation chargée de gérer la ville. — S. PAGANO / REPORTAGES / 20 MINUTES

Ambiance de tragédie grecque ce week-end à Aix, après l'annulation

de l'élection municipale de 2008 par le Conseil d'Etat.

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Acte I, le départ de la maire destituée.

Vendredi, à 17 h 30, Maryse Joissains (UMP) apparaît seule sur le perron d'une mairie déserte. « Maryse ! Maryse ! », s'impatiente une foule de sympathisants massés à l'extérieur. « Je ne savais pas que j'avais autant de supporters », plaisante Robert Pommiès, président de la délégation spéciale chargée par la préfecture d'administrer la ville, qui vient se faire remettre les clés de la cité. « Mmm... », répond laconiquement Maryse Joissains, avant de rejoindre la sortie. Elle lâche quelques larmes puis se reprend. « Je suis révoltée contre cette décision politique, lance-t-elle. Mon prochain combat est de reconquérir la mairie d'Aix. Après, je m'occuperai des conseillers d'Etat ! »

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Acte II, panique dans l'opposition.

Vendredi à 19 h, la fédération du PS 13 s'invite chez les militants aixois. Le premier secrétaire, Eugène Caselli, concède : « Cette élection arrive au plus mauvais moment. » Une semaine auparavant, le PS a fait 14,3 % aux européennes à Aix, arrivant derrière l'UMP et Europe Ecologie. Sur les deux candidats en lice pour mener la liste socialiste, la fédération adoube finalement Alexandre Medvedowsky au détriment d'André Guinde, conseiller général du canton sud-ouest, dont l'appel du pied au MoDem a été jugé trop rapide. « J'ai écouté nos partenaires de gauche, la préférence allait plutôt vers Medvedowsky », justifiait vendredi un cadre du PS. Au sein du parti aixois, la désignation et la méthode divisent. De leur côté, les communistes restent prudents, faisant d'un refus d'union avec le MoDem un préalable à leur ralliement. Mais la volte-face se prépare. François-Xavier de Peretti (MoDem) et Alexandre Medvedowsky ont longuement discuté samedi et s'acheminaient hier vers une union. « J'aimerais bien une annonce d'ici à mercredi », glisse le chef de file du MoDem, plaidant pour une alliance anti-Joissains la plus large possible.

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Acte III, les arbitres.

Forts de leur résultat aux européennes avec Europe Ecologie (21,6 %), les Verts aixois devaient entériner hier soir le principe d'une candidature autonome. S'ils concrétisent leur récente poussée aux élections, ils seraient les arbitres à gauche. A droite, Stéphane Salord, à l'origine du recours auprès du Conseil d'Etat et ex-allié de Joissains puis du MoDem, présente sa liste, qui pourrait, elle aussi, grignoter des voix. W