Marseille assure plancher sur ses plages

Sarah Marengo

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Parmi les 182 pavillons bleus attribués fin mai, une commune brille

par son absence : Marseille. La cité phocéenne n'a en effet pas jugé utile de se porter candidate. « Nous considérons que le pavillon bleu n'est pas une récompense officielle et qu'il s'agit d'une opération commerciale dont les frais d'inscription sont élevés [première candidature gratuite et 990 euros pour une grande ville], explique Didier Réault, conseiller municipal (UMP) délégué à la mer, aux plages et au nautisme. De plus, nous ne pouvons pas répondre à certains critères, comme organiser des opérations systématiques de tri sélectif dans les quartiers autour des plages. »

Ecolabel créé en 1985 par l'Office français de la fondation pour l'éducation à l'environnement et reconnu aujourd'hui au niveau international, le pavillon bleu valorise les communes et ports de plaisance menant une politique environnementale efficace. Pour l'obtenir, il faut répondre à une quarantaine de « critères essentiels » liés à la gestion des déchets, de l'eau ou à la sensibilisation à l'écologie. « Ne pas se porter candidat, ce n'est pas forcément avoir quelque chose à se reprocher, reconnaît Pascale Crouzier, responsable nationale du pavillon bleu. Mais les retombées touristiques sont loin d'être négligeables. » « Chaque saison, on accueille déjà sur nos plages 1,5 million de personnes. On préfère largement concentrer nos efforts au niveau européen », réplique Didier Réault. Une directive sur la qualité des eaux de baignade, aux seuils très stricts, doit en effet être appliquée au plus tard en 2015. « Des efforts sont faits, mais si on appliquait cette directive aujourd'hui, la plupart des plages de Marseille, comme beaucoup en France, seraient fermées ! », estime Nathalie Van Den Broeck, coordinatrice Méditerranée de l'association Surfrider Foundation.

Les points faibles de la cité phocéenne sont depuis longtemps identifiés : eaux usagées et de pluie mélangées en centre-ville, déchets et polluants déversés dans la mer par ruissellement lors des gros orages... « Chaque année, environ 2 millions d'euros sont consacrés à l'aménagement du littoral, ajoute Didier Réault. Il reste à faire, mais croyez-moi, aucune plage marseillaise ne sera fermée en 2015. » W