Marseille : « Rond-Point du Prado, station des plages »... Un bus estival spécial métro-plage pour tenter de contenir le tout-voiture

TRANSPORT Face aux problèmes estivaux récurrents de desserte des plages à Marseille, la métropole a présenté un plan estival de renforcement des bus, avec notamment le lancement d'une navette toutes les quatre minutes entre le Rond-Point du Prado et celui du David

Alexandre Vella
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La RTM lance un service de navette pour se rendre sur les plages du Prado depuis le métro
La RTM lance un service de navette pour se rendre sur les plages du Prado depuis le métro — ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP
  • La métropole a annoncé la mise en service d’une navette spéciale toutes les 4 minutes reliant le métro Rond-Point du Prado aux plages situées à deux kilomètres de celui-ci ainsi que le doublement de la cadence du bus 83, empruntant la Corniche.
  • Coût de l’opération pour la RTM : 6,3 millions d’euros.
  • Quelque deux millions de visiteurs et locaux sont attendus cet été sur les 21 plages de la ville.

Un petit autocollant en forme de bulle de BD est venu s’ajouter dans les rames de métros sur les écriteaux indiquant les arrêts desservis : « Prado, la station des plages », peut-on nouvellement lire sous celui-ci. Dans la station du Rond-Point du Prado, plus habituée aux personnes en maillot OM qu’en maillot de bain, des signalétiques au sol et sur les murs ont été ajoutées.

Une oriflamme et une annonce vocale complètent l’information aux voyageurs de la mise en service d’une navette spéciale dédiée à la desserte des plages du Prado, distante d’un peu plus de deux de kilomètres de la station de métro. En extérieur, un des 6 bus sérigraphiés « le bus des plages », attend à l’ombre des micocouliers bordant le boulevard Michelet et dans lesquels des cigales s’en donnent à cœur joie.

Un bus toutes les quatre minutes

Objectif : soulager les très surpeuplés bus 83, qui depuis le Vieux-Port – où les mêmes supports de communication ont été installés – parcourent difficilement la Corniche au milieu des embouteillages. « C’est une solution véritablement alternative », s’est félicité Hervé Beccaria directeur général de Régie des transports marseillais (RTM). Cette ligne de bus longs, numérotée 19B car doublant en partie la ligne 19 reliant Castellane à la Madrague de Montredon, effectue d’une traite le trajet entre le rond-point du Prado et la statue du David, avec une cadence de quatre minutes.

Pour compléter le dispositif et acheminer les quelque deux millions de touristes et locaux attendus sur l’une des 21 plages de la ville, le cadencement de la ligne 83 a été doublé en après-midi avec un bus toutes les six minutes, ainsi que le 35, qui conduit depuis Joliette à l’Estaque. Le coût total de l’opération s’élève à 6,3 millions d’euros pour la RTM, a précisé Catherine Pila, conseillère municipale et métropolitaine LR, présidente de la RTM qui attend « 16.000 voyageurs sur chacune des lignes 19B et 83 ».

Le secteur Point Rouge – Les Goudes toujours en difficulté

Hervé Menchon, venu assister à cette présentation en qualité d’adjoint au littoral de la mairie de Marseille, a salué « quelques avancées », regrettant que celles-ci, calquées plus ou moins sur la période des vacances scolaires, interviennent « tardivement dans la saison », et s’arrêtent en soirée. Pierre Benarroche, le maire (Printemps marseillais) des 6e et 8e arrondissements de Marseille, a estimé que cette mise en place « insuffisante » devrait toutefois permettre « de soulager la pression automobile ». Lui porte son attention surtout sur le secteur entre la Pointe-rouge et les Goudes, où l’été le stationnement anarchique est une institution, et réclame des aménagements pour l’endiguer. « Mais en termes de fréquences de bus, on ne pourra pas aller plus loin », a-t-il reconnu.

Dès lors, c’est l’ensemble de la mobilité, véritable sujet puits sans fond à Marseille, qu’il faudrait revoir. « Nous avons une vraie volonté de développer les modes de transports alternatifs à la voiture », a indiqué Martine Vassal, la présidente de la métropole, compétente en matière de mobilité. « Nous avons un retard considérable, mais nous avons déjà davantage fait que ces 50 dernières années », a-t-elle estimé, évoquant la création d’une piste cyclable le long des trois kilomètres de la Corniche et la perspective d’une ligne de tramway reliant Castellane aux Catalans. Un projet rendu possible par le volet mobilité du plan Marseille en grand. Pour faire plus, la présidente de la métropole n’a qu’un besoin : « Plus d’argent. »

En attendant, touristes de passage et locaux feront avec ce qu’il y a déjà, avec une certitude, le tout-voiture a encore de beau jour devant lui à Marseille.