La droite veut sa revanche en Provence

Frédéric Legrand

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Maintenir la région à droite ? En Paca, où Nicolas Sarkozy était arrivé en tête

au deuxième tour de la présidentielle avec 62 % des voix, l'UMP veut gagner le match retour des européennes. En 2004, elle était arrivée deuxième avec trois sièges et 18 % des voix, dix points derrière le PS. Cette année, le parti présidentiel vise quatre des treize sièges à pourvoir dans l'eurorégion Sud-Est (Rhône-Alpes, Paca et Corse). Selon les derniers sondages, l'UMP arriverait en tête des intentions de vote, avec 30 % des sondés, contre 20 à 22 % pour le PS. Revue de détail des enjeux pour les principales listes parmi les vingt et un en lice.

Majoritaire dans le Var et dans les Alpes-Maritimes, l'UMP et sa tête de liste Françoise Grossetête veulent marquer des points dans les Bouches-du-Rhône et le Vaucluse, gérés par la gauche mais où les principales villes (Marseille, Aix, Avignon) sont dirigées par l'UMP. En ligne de mire : les régionales de 2010, où la droite espère prendre sa revanche, après deux élections perdues dont la dernière, très largement, en 2004.

Le succès de 2004 avait mis la barre très haute pour les socialistes, avec 28 % des voix et quatre eurodéputés. Mais depuis, le PS n'a pas su convertir l'essai, notamment aux municipales d'Aix et Marseille, alors que les maires sortants y étaient en difficulté et la tendance nationale très favorable à la gauche. Pour mener le combat aux européennes, le PS a de nouveau choisi un « parachuté » : Vincent Peillon, qui arrive du Nord-Ouest. La tactique avait réussi en 2004, avec le parisien Michel Rocard.

Pour sa première élection européenne, le MoDem espère créer la surprise et vise la deuxième place. En 2004, Jean-Luc Bennahmias, candidat Verts à l'époque et aujourd'hui tête de liste MoDem, avait recueilli 8 % des voix, contre 12 % pour la liste UDF. Aux municipales, le nouveau parti de François Bayrou n'a pas confirmé ces scores.

Laminé par Nicolas Sarkozy en 2007, le Front national, autrefois triomphant en Provence, a sombré aux municipales. Son président, Jean-Marie Le Pen, a pris personnellement la tête de liste dans le Sud-Est pour tenter de reprendre la main dans son ex-bastion. Lors des dernières élections européennes, le FN avait recueilli 12 % des voix.

Les Verts plus des personnalités indépendantes, ça fait combien de voix en tout ? Créditée de 9 % à 10 % des intentions de vote dans les sondages, la liste de Michèle Rivasi pourrait bien créer la surprise dans ces élections, après des présidentielles et des municipales où les écologistes ont été laminés ou contraints à s'allier d'emblée avec les socialistes. En 2004, les Verts avaient déjà recueilli assez de voix dans le Sud-Est pour obtenir un siège au Parlement européen.

Après un joli score à la présidentielle et aux municipales de Marseille, la LCR, devenue entre-temps le NPA, espère surfer sur la crise. Le Front de gauche s'appuie sur un Parti communiste encore bien implanté en Provence, mais en perte de vitesse régulière depuis les années 1980. W