L'Union européennes laisse les citoyens de marbre

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L'Europe est partout en Provence, mais tout le monde s'en fiche.

En 2004, près de 60 % des 7 millions d'électeurs de la région Sud-Est n'étaient pas allés voter. Pourtant, l'Europe influe dans tous les grands dossiers qui animent la région. Selon la représentation en Provence de la Commission, l'Europe a investi 825 millions d'euros de fonds structurels dans la région entre 2007 et 2013. L'implantation du projet Iter n'a été possible que grâce à la mobilisation européenne. Le sauvetage de l'étang de Berre n'a pu commencer que sous la forte pression de la Commission européenne. L'agriculture, capitale en Provence, dépend largement des subventions et de la politique commune de l'Europe, comme on l'a vu avec la crise sur le mode d'élaboration du rosé. Le développement du port, qui passe par le soutien aux autoroutes de la mer pour le fret maritime, est lié aux décisions du Parlement dans la politique des transports. Comment, dès lors, expliquer ce désintérêt pour l'Europe ? Au niveau politique, les élus locaux ne se démènent pas pour la rendre populaire. « Beaucoup d'entre eux ne jouent pas le jeu et ne voient dans l'Union qu'un tiroir-caisse », estime Blandine Pellistrandi, chef de la représentation de la Commission européenne à Marseille. L'année européenne de la culture, organisée à Marseille en 2013, pourrait combler ce déficit d'image. D'ici là, l'Europe pourrait bien continuer de laisser indifférent. Seul avantage de la forte abstention : elle donne à tous les partis un important réservoir de voix. Cette année, à moins d'une semaine du scrutin, plus de 15 % des sondés qui disent vouloir aller voter ne savent pas encore pour qui. Le résultat du scrutin de dimanche reste plus que jamais incertain. W

F. L.