Le ticket de métro fait le yo-yo

Frédéric Legrand

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Un mythe s'effondre : Marseille n'a plus le ticket de bus le plus cher de France.

Depuis hier, le prix du billet Solo est passé à 1,50 euros, soit une baisse de -15 %. « Cela concerne 13 millions de voyageurs [sur 100 millions l'an dernier], explique Karim Zeribi, président de la RTM. Le Solo est le titre le plus utilisé, surtout par les personnes à faibles revenus. » En contrepartie, le voyage retour en métro avec un ticket Solo ne sera dorénavant plus possible, pour lutter contre la fraude et la revente à la sauvette.

Parallèlement, l'abonnement passe à 43 euros (+ 5 %), et le voyage sur les cartes personnelles Libertés passe à 1,26 euros (+ 4 %). « Ces deux tarifs n'avaient pas augmenté depuis trois ans, justifie Karim Zeribi. Et l'abonnement mensuel d'un salarié peut être payé à 50 % par l'employeur, dans le cadre de la nouvelle prime transports. » De fait, entre les tarifs réduits pour les jeunes, les étudiants, la gratuité pour les chômeurs, les bénéficiaires de la CMU et les plus de 65 ans, l'usager peut peiner à s'y retrouver. Pour les attirer vers ses guichets-conseil, la RTM mise sur la nouvelle carte personnelle, gratuite désormais lors de la première demande, au lieu des habituels 7,50 euros de frais de dossier. « Lors de la création de la carte, nous étudions la situation du voyageur, et lui proposons le tarif le plus adapté », explique Pierre Reboud, directeur général de la RTM. En adaptant ses tarifs, l'entreprise veut augmenter sa fréquentation, déjà en hausse de + 4,5 % en 2008. Elle espère aussi lutter contre la fraude. En comparant la fréquentation de certaines lignes avec le nombre de billets validés, la RTM évalue le montant de la fraude à quelque 18 millions d'euros, 6 % de son budget annuel. W