Les déchets de la Glacière toujours gelés

Frédéric Legrand

— 

Une grande fête populaire, ou une grande manif de protestation.

Les riverains de la décharge la Glacière, à Villeneuve-Loubet (Alpes-Maritimes), ont quoi qu'il arrive quelque chose de prévu le 18 juillet, au lendemain de la date fixée par le préfet pour la fermeture de la décharge. « On va voir si l'Etat tient parole », met en garde Serge Jover, président de l'Association défense environnement Villeneuve (Adev).

Car, pour le moment, aucune solution alternative n'a été rendue publique pour traiter les 300 000 tonnes de déchets envoyées chaque année à la Glacière. Certains élus locaux et hauts fonctionnaires ont avancé l'idée de faire appel à des décharges dans le Vaucluse ou les Bouches-du-Rhône, provoquant une levée de boucliers des départements concernés. « Mais Veolia [qui exploite la Glacière] peut passer outre, en obtenant en justice une dérogation exceptionnelle », estime Jean-Raymond Vinciguerra, conseiller général (Verts) des Alpes-Maritimes.

Pour le moment, l'exploitant continue de recevoir des ordures, et procède à des transferts au sein de la décharge. Début avril, un expert mandaté par le tribunal administratif avait révélé que plus de 300 000 m3 de déchets avaient été empilés jusqu'à 15 mètres au-dessus de la hauteur autorisée. « Pour revenir à la bonne hauteur, ils déplacent des déchets qui ont plus d'un an d'âge, dénonce Serge Jover. On sent les odeurs à 10 km à la ronde. » En plus de ces travaux de mises aux normes, la Glacière pourrait avoir à subir des opérations de dépollution après sa fermeture. Lors de tests sur les infiltrations en dessous de la décharge, « les produits utilisés comme marqueurs ont été retrouvés dans la station d'épuration, note l'Adev. La DDASS confirme qu'il n'y a pas de pollution au robinet, mais il faudrait tout de même un suivi. » Dans le même temps, département et intercommunalités cherchent une solution pérenne pour traiter sur place les déchets des Alpes-Maritimes. « Il y a une forte pression politique pour aller vers un incinérateur supplémentaire, dénonce Jean-Raymond Vinciguerra. Il y a des chances que ça passe, car la population est moins mobilisée ici. Et un incinérateur, ça prend moins de place qu'une décharge... » W