L'Europe veut naviguer vers les mers du Sud

Frédéric Legrand

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Le port de Marseille veut développer ses liaisons ferriviaires et fluviales.
Le port de Marseille veut développer ses liaisons ferriviaires et fluviales. — P. MARSAUT / REPORTAGES / 20 MINutes

Après cinquante années passées les yeux tournés vers Anvers, Rotterdam

et Hambourg, l'Europe veut « rééquilibrer la balance » en direction des ports de la Méditerranée. Représentants de la Commission et du Parlement européen l'ont réaffirmé hier, à l'occasion de la conférence annuelle de l'Organisation des ports européens, qui se tient jusqu'à ce soir à Marseille.

« Il faut améliorer la compétitivité des ports de Méditerranée, estime Matthias Ruete, directeur général des transports à la Commission. Faire passer des marchandises par la mer du Nord pour livrer dans le Sud de l'Europe, ça n'a pas beaucoup de sens », à la fois pour l'économie et l'environnement, au travers des bilans carbone des transports. Dans ce contexte, le port de Marseille, parfaitement situé, a une énorme carte à jouer. « C'est un de ceux qui ont les plus grandes capacités de développement », assure à la tribune Victor Schoenmakers, président de l'Organisation des ports européens. D'autant que l'Europe veut favoriser le transport maritime des marchandises, via des « autoroutes de la mer », pour désengorger les transports terrestres. « Nous étudions des trajets avec l'Italie et l'Espagne », explique Dominique Bussereau, secrétaire d'Etat (UMP) aux Transports. Des liaisons renforcées sont également envisagées avec le Maghreb. « Nous avons demandé à la Commission de pouvoir subventionner aussi ce type de ligne, et plus seulement les lignes entre pays européens, souligne Paolo Costa, président de la commission transports au Parlement européen. C'est la seule façon d'avoir un système qui fonctionne. »

Mais si la Méditerranée a le vent en poupe au sein de l'Europe, il reste encore beaucoup à faire. « Il faut améliorer la desserte terrestre des ports, à la fois par la route et par le chemin de fer », pointe Jean-Claude Terrier, président du directoire du port de Marseille-Fos. Pour Marseille, plusieurs projets sont lancés sur le fluvial et le ferroviaire. « Le trajet de contournement de Lyon a été validé et nous étudions l'allongement de l'axe du Rhône, avec une liaison vers le Rhin ou la Moselle », assure Dominique Bussereau. Pour, un jour, faire remonter jusqu'au Nord de l'Europe des marchandises livrées à Marseille. W