La nouvelle métropole regrouperait les compétences du conseil général et des communes.
La nouvelle métropole regrouperait les compétences du conseil général et des communes. — HALARY / SIPA

Marseille

Une métropole si pratique, mais si compliquée

Déplacer des frontières, c'est risquer la guerre.

Déplacer des frontières, c'est risquer la guerre.

L'UMP organisait hier

à La Valentine (11e) une « réunion d'explication » sur la réforme des collectivités locales. Le rapport Balladur, qui propose de créer une métropole marseillaise en 2014, a en effet suscité une levée de boucliers des communes avoisinantes (lire ci-dessous). L'idée de l'ex-Premier ministre part d'un constat : le citoyen travaille, se loge, se divertit et se soigne sans se soucier un seul instant des frontières entre les communes.

Or, l'éclatement des compétences entre les territoires peut nuire à l'efficacité. Exemple simple : pour aller porte-à-porte d'Aix à Marseille en transports en commun, il faut au moins trois tickets différents. Un peu d'harmonisation ne ferait pas de mal. C'est déjà possible au travers de syndicats mixtes, qui regroupent plusieurs collectivités sur une thématique précise, principalement les transports en commun et la gestion des déchets. Dans onze agglomérations (dont celles de Marseille, Toulon et Nice), Edouard Balladur propose d'aller plus loin. La nouvelle métropole aurait toutes les compétences du conseil général (routes, collèges, aide sociale), celles des communes (logement, sécurité, circulation, culture, sport) et gérerait les ports ainsi que les aérodromes. Autant dire un big-bang institutionnel. Qui a le plus à y perdre ? Le département. Les communes membres des métropoles, elles, garderaient la gestion des écoles, des crèches, de l'action sociale et, surtout, des permis de construire. En gros, à peu près ce qu'elles ont déjà dans le cadre de l'intercommunalité, la culture et le sport en moins. Avantage de la réforme : elle rationaliserait énormément les compétences et les élus de la métropole seraient désignés au suffrage universel direct. Marseille aurait d'autant plus à y gagner que son potentiel fiscal est beaucoup plus faible que celui de ses voisines Aix, Aubagne et Fos-sur-Mer. Prudemment, Edouard Balladur n'a pas dit quel devrait être le périmètre de la métropole marseillaise. Il a assuré que les adhésions se feraient par le volontariat. Les Marseillais ont cinq ans pour se montrer persuasifs... W