Pas de rentrée à Saint-Charles

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Ils ont retrouvé les bancs de l'amphithéâtre Fabry, hier. Mais malgré la fin des deux semaines de vacances, les étudiants de Saint-Charles ne devraient pas reprendre les cours. Le blocage de la faculté a en effet été reconduit, hier matin, après trois mois de mobilisation contre la réforme des universités, à l'issue d'une assemblée générale. « Nous avons deux choses à régler : comment être offensifs et comment se couvrir pour les examens, résume Hedi, l'un des porte-parole du mouvement. Il n'y a que par le rapport de force que nous obtiendrons satisfaction. »

Quelque deux cents étudiants ont ensuite bloqué le bâtiment administratif, siège de la présidence de l'université de Provence (ex-Marseille-I). Le conseil d'administration, qui devait examiner les propositions du Conseil des études et de la vie universitaire sur la question des examens, n'a pas pu être tenu, hier après-midi. « Ce blocage envoie un message fort au président de l'université : ce n'est pas lui qui décidera du déroulement des examens », martèle Hedi.

Privilégier le contrôle continu, conserver les notes du premier semestre, « donner » le diplôme, autant de pistes qui divisent encore. « Je comprends ceux qui sont inquiets pour leurs examens, mais nous ne pouvons pas lâcher maintenant, estime Bruno Truchet, enseignant-chercheur et élu Snesup à l'université de Provence. Sinon, nous donnons un mode d'emploi au gouvernement pour les conflits à venir : faire durer le mouvement jusqu'à mai pour que les profs reprennent les cours et signent la fin de la mobilisation. »

Pour trancher sur la validation de l'année, une commission paritaire, composée d'enseignants et d'étudiants, pourrait voir le jour. W

Carole Hoareau