Le Planning Familial hébergé, mais pas encore relogé

Carole Hoareau

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Deux salles au fond d'un couloir sombre. Le Planning familial, qui avait fermé au public ses bureaux du boulevard d'Athènes, à Belsunce (1er), pour des raisons de sécurité fin 2008, a timidement rouvert ses portes. Les consultations se font désormais à la Joliette, rue François Moisson (2e), dans un espace mis à disposition quasi gratuitement par la Maison de la Mutualité, siège de plusieurs mutuelles à Marseille. Passée l'entrée peu engageante, une conseillère conjugale et familiale et un médecin accueillent le public dans deux pièces claires et entièrement réaménagées. « Là, au moins, nous sommes au sec et nous serons chauffés cet hiver », estime le docteur Jean-Paul Lapierre. Jusqu'à ce que le planning reçoive dans des locaux bien à lui (voir ci-dessous).

« Cela faisait deux ans que nous cherchions un autre local, mais de promesses en promesses, rien n'aboutissait. Finalement, nous n'avons été pris au sérieux que le jour où nous avons été obligés de fermer les locaux au public », raconte Lisa Tichané, directrice du Planning marseillais. Depuis le déménagement dans le deuxième arrondissement au mois de mars, conseillères et médecins font donc les allers-retours entre les bureaux du boulevard d'Athènes, qui continuent d'héberger le siège social du Planning, et les salles de consultations de la Maison de la mutualité, qui accueillent le public. Peu à peu, le carnet de rendez-vous se remplit. « Mais c'est une étape difficile pour nous comme pour le public, reconnaît Muriel Milne, conseillère au Planning. Ce n'est pas évident pour les jeunes femmes, souvent dans des situations délicates ou stressantes, de devoir patienter dans un couloir et pas dans une salle d'attente, qui est souvent un lieu d'échange contribuant à les détendre. » Le personnel vit mal le fait d'être coupé en deux. « Nous sommes isolés du reste de l'équipe quand nous venons faire les permanences, explique Valérie Gelin, conseillère. Il faut s'organiser pour déposer des clés, récupérer des résultats d'analyse, faire suivre les dossiers des patientes... »

Une organisation complexe qui contraint le Planning à réduire sa capacité d'accueil. Il n'y a qu'une conseillère au lieu de deux habituellement et les permanences ne sont ouvertes que l'après-midi. Pour pallier ce manque, les conseillères continuent à réaliser de nombreux entretiens par téléphone. « C'est pour cela qu'on parle plutôt de dépannage, insiste le docteur Lapierre. Nous ne sommes pas relogés, mais hébergés provisoirement ». Du provisoire qui pourrait durer jusqu'à 2010. Le Planning a lancé un appel aux particuliers qui seraient propriétaires de locaux vacants de plus de 400 m2. W