Marseille : Pourquoi la moitié des nouveaux habitants de la ville ont investi le 3e arrondissement ?

DÉMOGRAPHIE Dynamisme, natalité, construction, reconfiguration de logements, développement économique… Tour d’horizon des raisons pour lesquelles le 3e arrondissement est si attractif

Alexandre Vella
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Des logements en construction, à Marseille
Des logements en construction, à Marseille — Alexandre Vella / 20 Minutes
  • Six mille des douze mille nouveaux habitants que compte Marseille, d’après les chiffres de la population légale en France publiés par l’Insee, sont domiciliés dans le 3e arrondissement.
  • Arrondissement assez central, mais défavorisé, ce dernier connaît visiblement une forte attractivité.
  • Pourquoi une si grande attractivité ? Le démographe Sébastien Oliveau donne quelques éléments de réponse.

L’analyse des chiffres de la population légale en France, publiés par   l'Insee, nous livre une donnée intéressante : des 12.772 habitants supplémentaires que compte la ville de   Marseille depuis 2013, 6.389 d’entre eux, soit la moitié, sont domiciliés dans le 3e arrondissement. Pourtant, avec une superficie de 260 hectares, il s’agit du quatrième plus petit arrondissement (après les 1er, 5e et 6e), très loin derrière les vastes 11e (2.986 ha) et 13e (2.808 ha).

En termes de population, le 3e arrondissement ne fait également pas figure d’ogre. Avec désormais 51.986 habitants, celui-ci se situe dans la moyenne des arrondissements. La hausse de la population de cet arrondissement (qui avait perdu près de 200 habitants sur la période précédente) n’en est que plus marquée, puisque celle-ci représente 13 % de ses effectifs actuels. Ceci étant posé, comment expliquer cette croissance ? Le démographe Sébastien Oliveau, chercheur à l’université d’Aix-Marseille, avance quelques pistes.

« En 10 ans, l’arrondissement est passé de 14.000 à plus de 18.000 emplois, ce qui témoigne d’un fort développement économique », relève-t-il, quoique cet espace soit très hétérogène, avec une très grande pauvreté sur certains secteurs.

Une forte natalité

Autre angle avancé par le chercheur : la création et la reconfiguration de logements. « En 10 ans, le nombre de logements a augmenté de 15 %, avec une hausse de la part des logements de 1, 2 ou 3 pièces (plus 25 % pour chaque), au détriment des logements de 4 pièces (-15 %) et de 5 pièces ou plus (-5 %) ». Des reconfigurations qui permettent de loger plus de gens, qui changent souvent de lieu : « 40 % des ménages habitent dans leur logement depuis quatre ans ou moins », précise Sébastien Oliveau.


La croissance démographique de cet arrondissement est aussi soutenue par son solde naturel, bien supérieur aux moyennes de la ville, et une natalité soutenue. « On a presque 3 naissances (un peu plus de 1100 naissances par an) pour 1 décès (environ 300 décès par an), alors que c’est moins de 1,5 naissance pour 1 décès à l’échelle de la ville (environ 12.000 naissances pour 8.000 décès) », remarque le chercheur.

La situation géographique de cet arrondissement, bien situé entre la gare, l’université et le port, est également un facteur explicatif de son attractivité. Un potentiel de situation que le programme Euroméditerranée, qui dépasse largement le 3e, a prévu d’exploiter.