« Plus on va vers le centre-ville, moins on trouve d'espèces »

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Ça papillonne dans les jardins publics marseillais, selon les premières conclusions d'une étude du Laboratoire population environnement développement (LPED) de l'université de Provence, qui observe les papillons dans le cadre d'une étude sur le maintien de la biodiversité dans les espaces urbains. L'été dernier, les relevés réalisés dans vingt-cinq jardins publics de la cité phocéenne avaient révélé une richesse insoupçonnée : sur la soixantaine d'espèces recensées sur la commune de Marseille, une quarantaine avait pu être observée dans les parcs de la ville. « Plus on va vers le centre-ville, moins on trouve d'espèces différentes, mais malgré tout, nous avons été surpris par ces chiffres », remarque Magalie Deschamps-Cottin, qui travaille sur le programme à l'université de Provence.

L'évolution des populations de lépidoptères est un bon indicateur pour tenter d'établir les conséquences de l'urbanisation, de l'industrialisation et des pratiques de jardinage sur l'équilibre naturel et le fonctionnement des écosystèmes dans la région. Alors Marseille, pas si polluée ? Selon la spécialiste, les résultats de l'étude s'expliquent peut-être par le fait que « la ville est plus en contact avec le milieu naturel, ce qui en fait un espace propice à l'observation des papillons ». Du coup, après avoir organisé des opérations dans les jardins publics de la ville, le laboratoire s'intéresse maintenant aux jardins privés qui « représentent une grande partie des espaces verts en ville », selon Magalie Deschamps-Cottin. Les observations, réalisées sur une vingtaine de jardins particuliers entre l'été 2009 et l'été 2010, devraient permettre de savoir comment ces espaces contribuent à maintenir une certaine biodiversité à Marseille. W

C. H.