La région passe une radio de contrôle

Stéphanie Harounyan

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Il y a la grande échelle du nucléaire et celle du nucléaire de proximité. Mais côté contrôles, toutes les installations utilisant des rayonnements ionisants reçoivent la visite des inspecteurs de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Créée en 2006, cette instance indépendante présentait hier le bilan des expertises réalisées en 2008 en Paca.

Côté grande échelle, 48 inspections ont été effectuées au CEA de Cadarache, l'un des hauts lieux du nucléaire civil dans la région. « Nous portons un regard assez positif sur la sûreté du site, note Laurent Kueny, chef de la division de Marseille de l'ASN. Mais nous restons vigilants, notamment pour que les restrictions budgétaires ne se fassent pas au détriment de la sécurité. »

Côté proximité, l'une des priorités de l'ASN reste le contrôle de la radiothérapie. Dans la région, 18 500 patients sont traités par radiations chaque année. « C'est une pratique dont la justification ne fait pas débat. Pour autant, les conditions de sa mise en oeuvre doivent être vérifiées », précise Laurent Roy, délégué territorial de l'ASN. Sur les treize inspections réalisées en 2008 dans les onze services de la région, l'ASN relève surtout une carence en radiophysiciens, techniciens dont la présence est obligatoire pendant les traitements. Une pénurie déjà constatée au niveau national. « En février, nous avons dû suspendre provisoirement le centre de radiothérapie de Gap en attendant un recrutement », explique Laurent Kueny. Point positif : « La sécurité et la transparence progressent plus rapidement qu'ailleurs en France », souligne l'ASN. En effet, 80 % des centres de la région déclarent leurs incidents, contre 30 % en moyenne dans l'Hexagone.

L'ASN a également effectué des contrôles inopinés dans des centres de radiologie privés. Si la réglementation est globalement respectée dans les cabinets de ville - 40 ont été visités au mois de septembre -, la campagne d'inspection menée en mars dans les Alpes du Sud a révélé « une situation plus fragile » : « 50 % d'entre eux ne respectent pas la périodicité annuelle de contrôle technique des appareils, rapporte Laurent Kueny. Ce n'est pas une mise en danger du patient ou de l'utilisateur, mais il y a un écart avec la réglementation. » L'ASN devrait de nouveau contrôler les sites concernés courant 2009. W