La croisière flotte et ne coule pas

Frédéric Legrand

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La crise ? La croisière ne connaît pas. Malgré le ralentissement économique mondial, qui devrait toucher aussi le tourisme, ce secteur reste dynamique. « Tous les opérateurs ont des taux de remplissage en 2009 supérieurs de 10 à 15 % par rapport à l'année précédente », affirme Jacques Truau, président du Club de la croisière Marseille-Provence, qui regroupe professionnels et pouvoirs publics. L'enjeu est essentiel pour le grand port maritime (GPM) de Marseille, qui a fait de la croisière un des piliers de son plan stratégique. Pour jouer dans la cour des grands, Marseille doit dépasser le million de croisiéristes, objectif fixé pour 2011. Globalement, le GPM prévoit de passer de 2 millions de passagers en 2008 (dont plus d'un quart de croisiéristes) à 5 millions à l'horizon 2020.

Le projet comprend notamment la création d'un nouveau quai croisière, géré par deux entreprises privées, et l'allongement d'un des quais déjà en service, pour lui permettre d'accueillir de plus grands navires. Pour le moment, le pari sur une hausse du trafic semble pouvoir être tenu : mi-mars, les deux plus gros armateurs du secteur affichaient pour objectif de doubler, voire de tripler leur clientèle en France d'ici à 2014. « Dans les salons du tourisme que nous avons faits à Lyon, Nantes ou Lille depuis le début de l'année, il y a eu à chaque fois près de 50 000 visiteurs, souligne Jacques Truau. Il y a un public, et la gamme de prix des croisières est très diversifiée : on peut trouver une semaine à 700-800 euros repas compris, avec seulement les excursions en sus. »

Située à une heure d'Arles et d'Avignon, Marseille a une très bonne carte à jouer dans ce domaine, sans parler des visites dans la cité phocéenne elle-même. Actuellement, cinq compagnies opèrent en « tête de ligne », en faisant débuter et/ou finir la croisière à Marseille. Que la ville soit lieu de départ ou simple escale, les armateurs font à chaque embarquement une enquête de satisfaction parmi les passagers. « Si le taux de satisfaits est inférieur à 70-80 %, l'armateur abandonne l'escale », explique Jacques Truau. L'an dernier, le Club de la croisière a mené sa propre étude, sur un échantillon de 1 000 passagers : 90 % d'entre eux se sont dits satisfaits de leur escale à Marseille. ■