Fos veut tailler sa route pour les camions

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Zone industrielle en pleine expansion cherche routes convenables sous peine d'asphyxie. Alors que le port de Marseille veut multiplier ses trafics par cinq à Fos d'ici à 2020, l'agglomération Ouest-Provence est plus que jamais confrontée à un problème de circulation.

Actuellement, 50 000 à 70 000 véhicules traversent Fos tous les jours, dont un tiers de poids-lourds, sur des routes nationales dont beaucoup n'ont qu'une voie. « Plus du tiers de ces camions transportent des matières dangereuses, souligne la mairie de Fos. Et certains passent à moins de 30 m de maisons ou d'un centre commercial ! » Evoqués depuis quarante ans, les projets de contournement de Fos, Istres et Miramas ne sont toujours pas lancés. Malgré les demandes répétées des élus et l'inscription de ces dessertes dans le plan stratégique du port, aucun calendrier de financement n'a été établi par l'Etat. « Le retard pris ne pourra pas être comblé avant cinq à dix ans, estime Bernard Granié, président (PS) de Ouest-Provence. Nous finançons les études pour lancer les chantiers dès que les fonds seront disponibles. Mais nous n'avons pour le moment que des réponses polies du ministère. Peut-être que le lobbying des entreprises sera plus efficace. » Conséquence de la crise, la baisse d'activité sur la zone industrielle pourrait ouvrir des opportunités : « La circulation va être moins dense, et c'est le moment de soutenir l'économie par des chantiers de travaux publics », souligne Bernard Granié. Evaluée à plus de 100 millions d'euros, la desserte de Fos pourrait bénéficier de crédits spéciaux pour l'aménagement des ports. Pour le moment, elle ne figure pas dans les chantiers du plan de relance ■F. L.