Puyricard, une affaire de goût avant tout

Stéphanie Harounyan

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Du chocolat made in Provence. Et pourquoi pas du pastis bruxellois, tant qu'on y est ? Si le pari pouvait sembler osé, les chocolats Puyricard, du nom du village situé près d'Aix, ont su se faire une place dans un marché trusté par les marques helvético-belges. L'histoire débute il y a quarante ans, avec le retour en Europe d'un couple de Belges, les Roelandts, jusqu'alors expatriés au Congo. Soucieux de rester sous le soleil, ils décident de s'installer dans le sud de la France, à Puyricard précisément, pour y ouvrir un atelier de fabrication de chocolat. Une première boutique ouvre à proximité, puis deux. Aujourd'hui, le groupe compte une quinzaine de points de vente, principalement dans le sud, et produit près de 140 tonnes de chocolats chaque année.

Si la marque réalise 85 % de ses ventes en Paca, « les efforts sont plus importants pour imposer notre image à Paris, où l'on compte déjà deux boutiques », souligne Thierry Mercier, directeur commercial du groupe. Pour séduire la capitale, la marque mise sur le credo qualité : pas de congélation et une production artisanale pour la centaine de variétés de chocolats que compte l'enseigne.

Pour rester « artisanal » tout en produisant autant, l'entreprise a recours à des saisonniers en périodes de pointe. Une quarantaine de salariés supplémentaires ont ainsi été recrutés pour gérer le rush de Pâques. « Au niveau logistique, c'est difficile, il faut former très vite le personnel », note Thierry Mercier. Une contrainte qui s'ajoute à l'aspect très saisonnier de l'activité chocolatière : l'entreprise réalise ainsi près de 45 % de son chiffre d'affaires à Noël. Pour contourner la difficulté, la solution se trouve peut-être à l'international. Le groupe y réalise pour l'instant autour de 2 % de son chiffre d'affaires, notamment au Japon. « On est à la recherche de pays à même de consommer dans les périodes creuses, comme l'été. » En attendant, des projets sont à l'étude aux Etats-Unis et à Londres. ■