Nicolas Sarkozy annonce et puis s'en va, mais ne discute pas

Laurent Berneron

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Des embouteillages dus au filtrage de la police, des forces de l'ordre à tous les croisements et sur tous les ponts des autoroutes A 8 et A 51, depuis Bouc-Bel-Air jusqu'à Pertuis... Nicolas Sarkozy était dans le pays d'Aix hier pour parler recherche et innovation, avec un dispositif de sécurité conséquent. « Après Châtellerault et le sommet de l'Otan à Strasbourg, ils ont pris leurs dispositions », commente un cadre de l'UMP. La presse est, elle aussi, bien encadrée. Sur les trois déplacements au programme (une visite d'entreprise à Aix, une table-ronde sur Venelles, une rencontre avec les militants à Bouc-Bel-Air), elle n'est conviée qu'à un seul : la table ronde. Mais il faudra patienter.

A 10 h, les journalistes sont réunis sur le parking de la discothèque « Divino », à quelques kilomètres de la salle des sports de Venelles où est prévue la table-ronde. Une heure plus tard, ils arrivent sur place sous escorte policière et sont cantonnés à l'écart, dans l'attente du chef de l'Etat. Faute d'infos, les journalistes commencent à interviewer les journalistes... « Que penses-tu de ce dispositif de sécurité ? », demande un journaliste télé à un confrère de la presse écrite, caméra allumée. Dans la salle des sports, quelque 600 invités, élus, chef d'entreprises, universitaires prennent place, après moult vérifications. 11 h 50, la presse est invitée à entrer, après fouille et passage sous un portique de sécurité. Pas de conférence de presse : on écoute, on note mais on ne posera pas de questions. 12 h, Nicolas Sarkozy fait son entrée : « La réponse à la crise, c'est l'innovation », lance t-il, devant un public concentré et approbateur.

« On ne reviendra jamais sur l'autonomie des universités. Je dis à Christine (Lagarde) : "Si tu veux aller plus loin dans la défiscalisation au service de l'emploi et des entreprises, tu auras mon soutien." » En une heure, sous les applaudissements, le président a fait ses annonces. Les ministres qui l'accompagnent (Christine Lagarde, Luc Châtel, Valérie Pécresse et Hubert Falco) n'ont presque pas dit un mot. Le Président s'en va, file vers ses militants venus dans dix cars depuis tout le département au local UMP de Bouc-Bel-Air. La presse tente de suivre, même si elle n'est pas invitée. Prise dans les embouteillages liés au dispositif de sécurité, elle n'arrive que quand il est parti. C'était bien ? « Le pouvoir ne l'a pas usé », estime Thomas, 23 ans, militant UMP venu de La Ciotat. Quid des oppositions dans le milieu universitaire sur la politique du chef de l'Etat ? « Le conflit des enseignants-chercheurs c'est un repli corporatiste et ceux du CNRS s'arqueboutent comme des mandarins », tranche le jeune étudiant. ■