Des couronnes de fleurs devant la prison

Frédéric Legrand

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Devant les lourdes portes des Baumettes (8e), aux côtés des familles attendant le parloir, une trentaine de manifestants. « On devrait être des centaines pour ce genre d'action, soupire Jacqueline Seimpère, président de l'association des parents de détenus. Mais la prison, ça n'est pas un thème porteur. » Hier, devant la maison d'arrêt, la famille et les proches de Belkheir, 24 ans, s'étaient rassemblés à la mémoire du jeune homme, retrouvé mort vendredi aux Baumettes après avoir été placé en quartier disciplinaire.

Alors que sa compagne appose des portraits de la victime sur les murs de la prison, la famille dépose des bouquets de fleurs au pied des portes. Sur la grille de l'immeuble en face, des manifestants déploient une banderole « Toutes les prisons sont des couloirs de la mort ». Condamné à 18 mois ferme pour violences, Belkheir avait fait un parcours sans faute en prison. « Il ne lui restait que trois mois de peine, il était déjà sorti trois jours en permission et ça s'était très bien passé, explique son frère. Il avait pris des contacts pour suivre une formation de cuistot. » Sa mère, qui l'avait vu au parloir la veille de sa mort, l'avait trouvé en forme et optimiste. Vendredi, une altercation aurait pourtant eu lieu entre Belkheir et un des gardiens. Suite à un rapport déposé pour « injures » par un des surveillants, Belkheir aurait été transféré pour six jours au quartier disciplinaire. C'est là qu'un gardien l'aurait retrouvé mort, pendu avec un drap. « Combien de morts faudra-t-il pour qu'on ferme ces quartiers ? dénonce Clément Dalançon, avocat de la victime. Il n'y a aucun suivi psychologique lors des placements en isolement, alors que c'est un moment particulièrement à risque pour un détenu, tout comme la première nuit passée en prison. » En février, la direction régionale de l'administration pénitentiaire assurait poursuivre une politique de prévention du suicide, notamment en essayant d'évaluer la vulnérabilité des détenus. ■