Facultés ouvertes, examens en suspens

— 

Validera, validera pas ? Dix semaines de mouvement, et plus que quelques semaines avant la fin officielle du second semestre. Du côté de l'université de Provence, dont le président souhaiterait accélérer la reprise des cours, « beaucoup d'étudiants se demandent comment ils vont valider leur année », confie Thibault, étudiant à Saint-Charles. Mais pour Laurence Casini, maître de conférence gréviste, « les examens, c'est le seul moyen de pression, même si on ne voudrait pas en arriver là », estime-t-elle.

Si la plupart des sites universitaires d'Aix-Marseille rouvrent progressivement, « il reste difficile de faire un état des lieux des cours qui sont assurés ou non », reconnaît la présidence de l'université de Provence. A Saint-Charles, la reprise partielle des cours a été décidée lundi et un vote devrait être organisé dans chaque UFR pour statuer sur la poursuite du mouvement. D'ici là, des cours sont assurés de 8 h à 10 h pour les 1re et 2e année de licence. « Mais que fait-on des autres ? Comment passer des examens avec seulement dix heures de cours par semaine ? », s'interroge Thibault. A Saint-Jérôme, peu touchée par les blocages, un nouveau calendrier d'examen a été envisagé lors d'un conseil de la faculté des sciences et des techniques : en rognant sur les vacances de Pâques et en rajoutant quelques jours à la fin du semestre, les examens ne seraient décalés que d'une semaine. Mais la décision finale appartient à la présidence de l'université qui estime qu'il faut « établir un planning de reprise des cours avant d'en venir à la question des examens ». En attendant, de nombreux jurys n'ont toujours pas validé les notes du 1er semestre. Perrine Ollier, étudiante en 1re année et membre du collectif Reprise des cours à Aix s'indigne : « Huit mois à la fac et je ne sais toujours pas ce que je vaux. » Si les examens ont lieu comme prévu, la rétention de notes pourrait être la dernière carte des enseignants-chercheurs. ■Carole Hoareau