Paca : « Un taux de croissance à deux chiffres » pour les TPE et PME

Economie En 2021, 4.500 sociétés ont été créées en Provence-Alpes-Côte-d'Azur. Parmi celles qui existaient déjà, un certain nombre retrouve des chiffres d’avant la crise du coronavirus

François Maliet
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En Paca, les TPE et PME connaissent une croissance à deux chiffres en 2021.
En Paca, les TPE et PME connaissent une croissance à deux chiffres en 2021. — flyerwerk / Pixabay
  • Les TPE et PME ont renoué avec la croissance au deuxième trimestre 2021.
  • Certaines d’entre elles retrouvent leurs chiffres d’avant la crise sanitaire. Reste toutefois une pénurie de main-d’œuvre dans certains secteurs.

La crise sanitaire n’est pas terminée, loin de là. Mais, en tout cas pour l’instant, finis les confinements et autres couvre-feux, la vie a retrouvé un cours presque normal depuis quelques mois. Et notamment le monde économique. Mais quid des répercussions sur les entreprises que d’aucuns craignaient : dépôts de bilan, liquidation, chômage ? « Les TPE et PME de Provence-Alpes-Côte d’Azur affichent un taux de croissance de 13,7 % pour deuxième trimestre 2021 », rassure Colette Weizman, présidente de l’Ordre des experts-comptables Paca. Autrement dit : « C’est la reprise, les gens ont vraiment eu envie de s’y remettre, tant les ménages que les entreprises. D’ailleurs, le nombre de création de sociétés à exploser, on est passé de 3.200 en 2020 à 4.500 cette année dans la région. »

Celles qui existaient déjà ont bien résisté, grâce notamment au « quoi qu’il en coûte » du gouvernement. « Le chômage partiel nous a aidés, assure Grégori Germain, de la société de nettoyage Ellnet. Nous avons aussi bénéficié du Prêt garanti par l’Etat, mais c’était pour faire face en cas de problème majeur. Nous n’avons pas eu à nous en servir, mais nous ne le remboursons pas de suite, par précaution. » Sa société n’affiche pas, elle, un taux de croissance à deux chiffres, mais « nous avons une progression de 6 à 7 % par rapport à 2020. » Année qui avait été des plus difficile, avec « une perte de l’ordre de 25 % par rapport à 2019 ». Il détaille : « Petit à petit, l’activité a repris, de nouveaux clients sont arrivés, des anciens ont repris leur activité et sont revenus. Le problème étant que tous rappellent en même temps, et qu’il faut faire face… »

« On retrouve les chiffres d’avant le Covid »

La société Événement Sud loue, installe et anime des structures éphémères lors de réceptions, ainsi que des patinoires pendant la période hivernale « de Marseille à Monaco, et plus spécifiquement de Saint-Tropez à Antibes, indique le responsable Michel Gay. En 2020, nous n’avons pratiquement rien fait, notre activité est donc forcément en augmentation, de l’ordre de 80 %. On retrouve les chiffres d’avant le Covid. » Il explique ainsi cette reprise : « Pendant les confinements, puis les couvre-feux successifs, les gens ont été privés d’évènements festifs, alors, dès qu’ils ont pu recommencer, ils l’ont fait. »

Mais Colette Weizman de constater que « la crainte, c’est la pénurie de main d’œuvre, que ce soit dans la restauration, le bâtiment, l’évènementiel, le nettoyage, les entreprises d’ameublement… » Chez Ellnet, on confirme, ainsi qu’à Événement Sud : « Le problème, c’est le personnel, glisse Michel Gay. Certains intermittents qui travaillaient chez nous ont cherché un autre emploi, plus stable, avec des horaires fixes. Ici, le boulot est très prenant, on fait beaucoup d’heures sur une période donnée, puis plus rien. Nous essayons de former des nouveaux venus, mais cela ne les intéresse pas forcément. Face à la pénurie, nous avons revu les salaires à la hausse pour rendre le métier plus attractif. » Mais est-ce que cela sera suffisant ?

Reste une dernière question : les prêts garantis par l’Etat constitueront-ils un mur de dette ? « Non, rétorque Colette Weizman, car nombreuses sont les entreprises qui les ont déjà remboursés. Avec le “quoi qu’il en coûte”, les entreprises ont pu honorer les charges courantes. Cela a sauvé des entreprises qui ont su utiliser ses aides. »