Hautes-Alpes : Poursuite du bras de fer pour l’accueil des migrants à la frontière

HUMANITAIRE Un refuge surchargé a mis fin à sa mission d’accueil pour mettre la pression sur l’Etat, qui fait la sourde oreille

20 Minutes avec AFP
— 
Malgré les patrouilles renforcées, de plus en plus de migrants entrent illégalement sur le territoire.
Malgré les patrouilles renforcées, de plus en plus de migrants entrent illégalement sur le territoire. — AFP

La situation se tend à Briançon. Le refuge d’accueil pour migrants Les Terrasses Solidaires, prévu pour 80 personnes, tournait jusqu’alors « avec une moyenne de 180 personnes, ce qui n’est pas acceptable pour des questions de sécurité, de salubrité et de dignité », explique Max Duez, coadministrateur du Refuge Solidaire de Briançon. Le centre a cessé sa mission d’accueil depuis le 26 octobre « pour mettre la pression ». Mais l’Etat ne réagit pas.

Après la fermeture du refuge, de 150 à 200 migrants arrivés d’Italie avaient temporairement occupé la gare de Briançon avant d'être accueillis dans l'église. D’autres encore dorment sous des barnums, tandis que certains ont été accueillis par des familles en ville. La situation a revêtu un nouveau caractère d’urgence avec l’arrivée de la neige et du froid ces derniers jours dans cette zone d’altitude.

Le maire dénonce une prise d’otage de la ville

Mais la préfète des Hautes-Alpes, Martine Clavel, réplique que « l’État n’a pas pour mission d’organiser à la frontière la mise à l’abri durable de personnes entrées illégalement », faute d’avoir demandé l’asile dans leur premier pays d’entrée en Europe, l’Italie, et insiste sur le « maintien de l’ordre public ». Le maire de Briançon, Arnaud Murgia, dit pour sa part « condamner fermement le rapport de force engagé avec l’État par les associations et qui prend en otage la ville de Briançon et sa population ».

Selon les estimations des associations, près de 300 migrants, en majorité des Afghans et des Iraniens, traversent actuellement chaque semaine à pied la frontière franco-italienne au niveau du col de Montgenèvre. La station des Hautes-Alpes reste l’un des principaux points de passage de migrants entre l’Italie et la France depuis 2017, malgré les patrouilles renforcées.

Selon les autorités, depuis le début de l’année, près de 3.000 personnes en situation irrégulière ont été remises aux autorités italiennes (dont 40 % d’Afghans) contre 1.200 en 2020 et 1.500 en 2019. C’est dire la pression qui pèse sur le dispositif d’hébergement d’urgence de droit commun, constitué de 129 places pérennes, du département.