Grève des éboueurs à Marseille : La collecte des déchets a repris vendredi soir après l’accord avec les syndicats

POUBELLES Tous les syndicats n’ont néanmoins pas signé l’accord, et la reprise promet de prendre quelques jours

20 Minutes avec AFP
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Les ordures s'accumulaient dans les rues depuis des semaines à Marseille.
Les ordures s'accumulaient dans les rues depuis des semaines à Marseille. — CHRISTOPHE SIMON / AFP

La collecte des déchets a repris progressivement vendredi soir dans la métropole d’Aix-Marseille-Provence. Les rues où les ordures débordent ont commencé à être nettoyées, après une semaine de grève des éboueurs autour de leur temps de travail. Dans la nuit de jeudi et vendredi, la métropole dirigée par la LR Martine Vassal et le syndicat majoritaire FO ont trouvé un accord autour de l’application des 35 heures pour les éboueurs, avec une décote de 9,5 % pour tenir compte de la pénibilité. FSU a également signé cet accord, pas la CGT.

« Le mot d’ordre est une reprise du travail dès ce soir et l’ensemble des secteurs devraient reprendre d’ici lundi », avait indiqué vendredi après-midi Patrice Ayache, secrétaire général adjoint de FO, syndicat majoritaire chez les territoriaux de Marseille et sa métropole. Selon la collectivité, quelques jours seront nécessaires pour faire disparaître les montagnes de déchets qui s’amoncellent dans les rues et dégoulinent sur les trottoirs et la chaussée dans de nombreuses rues étroites de Marseille ou d’Aix-en-Provence, suscitant dégoût et exaspération. Le retour à la normale devrait mettre environ une semaine.

Pas de pertes de congés

La métropole, issue du regroupement de six intercommunalités, souhaitait harmoniser le temps de travail de tous ses agents et se conformer à la loi de transformation de la fonction publique de 2019, qui impose l’application des 35 heures au 1er janvier 2022 (soit 1.607 heures de travail par an), tout en ouvrant la possibilité de négocier des aménagements pour tenir compte de la pénibilité. Au départ, elle proposait une baisse de 5 % du temps de travail, soit 1.530 heures. Finalement une baisse de 9,5 % du temps de travail (autour de 1.460 heures) a été accordée, avec l’ouverture d’un Compte épargne temps, la mise en place de formations pour éviter les accidents et une aide à la reconversion, notamment.

« Ce n’est pas la question du pourcentage de baisse du temps de travail qui nous préoccupait, mais le fait que les agents ne devaient pas perdre de jours de congé ni d’euros de salaire. Et non seulement ils ne perdent pas les 28 jours qu’ils risquaient de perdre mais ils auront une valorisation salariale de 80 euros/mois », a précisé Patrice Ayache. Mais pour la CGT, l’accord est inacceptable : « La Métropole joue le pourrissement. La sortie de conflit est loin d’être une certitude », a indiqué le syndicat minoritaire. Selon lui, les tournées ne vont pas reprendre vendredi soir sur certains secteurs comme à Martigues, à Istres ou dans certains quartiers de Marseille.

Un serpent de mer

Le temps de travail des éboueurs est un vrai serpent de mer dans la deuxième ville de France, où la règle non officielle du « fini-parti » est l’objet de nombreux fantasmes. Roland Mouren, vice-président de la Métropole délégué à la propreté et aux déchets, a avancé cette semaine devant la presse un temps de travail moyen de trois heures à trois heures et demie par jour sur six jours. Il se référait à un avis de la chambre régionale des comptes Provence-Alpes-Côte-d'Azur en date de 2017 qui indiquait aussi que le service moyen, comprenant « trajet, vidage, pause et prise de service », atteint lui cinq heures et demie à six heures.

« Il n’y a aucun agent qui travaille 3 heures 30 », assure FO. « On stigmatise les agents. On ne peut pas comparer leur amplitude horaire à celle d’un agent en bureau : l’éboueur, quand il est sur sa benne, il effectue un travail intensif, il y est et il fait que ça, il ne peut pas s’arrêter », commente Patrice Ayache.