Les partis ont fait leur choix, Les électeurs ont encore trois mois

Stéphanie Harounyan

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C'est le scrutin le plus boudé de France. A trois mois des élections européennes, fixées le 7 juin, les premières têtes de liste dans la circonscription Sud-Est (Paca, Corse et Rhône-Alpes) ont été désignées, provoquant plus de remous dans les partis que dans l'opinion. En jeu, treize sièges de député à Strasbourg.

Grogne au PS contre Peillon Jusque-là, il était député européen... du Nord-Ouest. Vincent Peillon, tête de liste PS dans le Sud, avait d'abord qualifié sa nouvelle affectation de « crève-coeur », avant de revenir sur ses propos. Trop tard, pour le maire de Lyon, Gérard Collomb, à l'origine d'une fronde au sein du parti. Les militants devraient trancher aujourd'hui, lors d'un vote. Karim Zéribi, président de la RTM, est le seul local de l'étape à décrocher une position éligible (la troisième), la deuxième et la quatrième place allant à des élues rhodaniennes. Lors des élections de 2004, le PS avait décroché quatre sièges.

L'UMP négocie au centre Françoise Grossetête, députée européenne, conduira de nouveau la liste de la majorité dans le Sud-Est. Le reste du casting est plus flou. Samedi, Hervé Morin, patron du Nouveau Centre, a annoncé un accord avec l'UMP, qui accorde à son parti « au moins trois » candidats en position éligible au niveau national. « Si Hervé Morin arrive à me porter à la troisième place, ce sera formidable », indique Mireille Benedetti, provisoirement tête de liste centriste dans le Sud. Mais Dominique Vlasto (UMP), députée européenne et adjointe au maire de Marseille, est une concurrente sérieuse. Réponse le 27 mars, lors du lancement officiel de la campagne de l'UMP à Marseille.

MoDem et Verts sur leurs terres En 2004, l'UDF avait obtenu deux députés dans le Sud-Est. Cette fois, l'objectif est « incalculable », selon Jean-Luc Bennahmias, tête de file du MoDem. Le candidat se réjouit toutefois des premiers sondages, « qui nous mettent entre 14 et 15 % », note-t-il. Ce sera l'ultime étape de son transfert au MoDem : en 2004, il avait décroché son ticket pour l'Europe sous les couleurs des Verts. Ces derniers, unis avec José Bové, ont désigné Michèle Rivasi, adjointe au maire de Valence, pour conduire leur liste dans le Sud. Les écologistes avaient obtenu un siège en 2004.

Le FN fait de la résistance Député européen depuis 1984, Jean-Marie Le Pen veut rempiler et mènera la liste du FN dans le Sud-Est en juin. En 2004, avec 12,18 % des voix, le parti avait obtenu deux sièges.

L'extrême gauche dispersée NPA, Front de gauche (alliance entre le PC et le Parti de gauche) et Lutte ouvrière (LO) partent en ordre dispersé. Pour LO, la Lyonnaise Nathalie Arthaud, nouvelle porte-parole du mouvement, mènera ses troupes dans le Sud-Est. ■