La CGT entrouvre la porte

Frédéric Legrand

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Une reprise des négociations ou un conflit très long et très dur. La CGT, ultra-majoritaire dans le port de Marseille-Fos, a proposé hier un « moratoire » sur ses actions de grève. Le syndicat réclame pour cela de nouvelles négociations sur l'application locale de la loi de réforme des ports. Celle-ci prévoit le transfert vers le privé des agents publics qui assurent la manutention sur les quais.

Opposée à ce principe, la CGT a lancé, début février, une grève sur les terminaux marchandises de Marseille. « On ne travaille que sur un tiers des shifts [tranches de huit heures de travail], explique Pascal Galeoté, secrétaire général des agents CGT du port. La loi donne deux ans pour mettre en place la réforme, on a la capacité de rester mobilisés deux ans. Il faut que l'Etat négocie pour éviter une situation qui serait dommageable à tout le monde. »

Le syndicat s'inquiète notamment de la pérennité des entreprises vers lesquelles seraient transférés les agents publics. « Le plan stratégique du port reste flou sur les perspectives de développement et les engagements de trafic sur les bassins de Marseille et de Fos », critique Pascal Galeoté. En cas de plan social, la loi de réforme prévoit un retour des agents au sein du public, jusqu'à quatorze ans après leur transfert. « Mais pour quel emploi ? lance Marc Parigi, secrétaire de la CGT du port. Le matériel de manutention aura été vendu au privé. Et en cas de plan social, lui ne reviendra pas. » A la demande du préfet, le conseil de surveillance du port devrait se réunir lundi pour débattre de la situation à l'Union naval et dans les bassins marchandises de Marseille. ■