L'UNM est en plein naufrage

Jessica Bissay

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C'est officiel, l'Union Naval Marseille (UNM, filiale du groupe espagnol Boluda), dernière entreprise de réparation navale lourde à Marseille, est en cessation de paiement depuis hier matin. Me Michel Dossetto, avocat de la direction, a confirmé cette nouvelle, annoncée mercredi soir par la CGT au terme d'un comité d'entreprise extraordinaire. Le sort de l'entreprise de réparation navale est à présent entre les mains du tribunal de commerce, qui devra statuer lundi matin à 8 h 30.

Entre la direction et les salariés, le conflit semble avoir atteint son paroxysme. « Nous sommes dirigés par des patrons voyous », s'indigne Noël Kouici, secrétaire de la CGT. Egalement membre du comité d'entreprise, il ne cache pas son écoeurement. « Nos dirigeants n'ont cessé de jongler avec l'argent. Nous avons appris que les fournisseurs n'étaient plus payés depuis octobre. »

Me Dossetto a, quant à lui, une toute autre version : « Mes clients n'agissent pas de gaîté de coeur. Mais le perpétuel conflit entre les salariés et la direction a tué l'entreprise », regrette-t-il.

Plusieurs fois depuis la reprise par Boluda, les employés s'étaient mis en grève pour dénoncer des recours abusifs à la sous-traitance. « S'il n'y avait pas eu ces grèves répétées, nous ne serions pas en dépôt de bilan aujourd'hui, assure Me Dossetto. La CGT veut jouer au chevalier blanc en bloquant le recours à la sous-traitance, alors que c'est un procédé légal », ajoute l'avocat. Pour lui, une seule issue : la fermeture.

Mais les salariés ne veulent pas baisser les bras. « Le premier port de France ne peut pas se passer d'une société de réparation navale », affirme Noël Kouici. Les employés ont reçu hier le soutien de plusieurs élus, dont Michel Vauzelle. Le président (PS) de la région Paca réclame l'organisation d'une table ronde pour « organiser une stratégie de préservation de l'activité de réparation navale à Marseille. » ■