L'accueil inconditionnel en débat

Jessica Bissay

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Pour que l'accueil inconditionnel ne soit plus un délit, « il faut une loi ». Hier matin, les responsables du collectif à l'origine du manifeste pour le droit à l'accueil inconditionnel étaient réunis à Marseille dans les locaux de la fondation Abbé-Pierre. « Nous voulons que ce droit soit inscrit dans la loi française », a annoncé Jean-Pierre Cavalier, délégué régional de la Cimade et membre du collectif. « Le manifeste que nous avons rédigé a été signé par 86 associations, qui ont toutes été indignées par la perquisition menée dans les locaux d'Emmaüs Pointe-Rouge, le 16 février dernier », a expliqué Anne Issler, responsable de la communauté d'Emmaüs Marseille-Saint-Marcel.

Cette perquisition, réalisée suite à l'arrestation d'un compagnon sans papiers, a également choqué Louis Bartoloméi, ancien avocat général. « Sans concertation avec Emmaüs, j'ai lancé une pétition sur le Net : 10 500 citoyens se sont mobilisés, c'est inespéré », se félicite-t-il. Aujourd'hui, les deux appels sont hébergés sur le même site : www.pla ceauxdroits.net. Fort de ce soutien populaire, le président d'Emmaüs France, Christophe Deltombe, a rencontré le nouveau ministre de l'Immigration, Eric Besson. « Mercredi, il s'est engagé verbalement. Maintenant, il faut que cette promesse se transforme en loi », a rapporté Jean-Pierre Cavalier. Un tel texte protégerait les personnes en situation irrégulière, mais aussi celles qui leur viennent en aide. « Un bénévole est aujourd'hui passible de poursuites s'il porte secours à un sans-papiers », rappelle-t-il. ■