L'UNM au bord de la liquidation judiciaire

Jessica Bissay

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SOS, chantier naval en détresse. La direction de l'Union Naval Marseille (UNM, filiale du groupe espagnol Boluda), société de réparation navale, semble sur le point de demander une mise en liquidation judiciaire. Selon la CGT, cette décision a été annoncée hier aux cent trente salariés du site, lors d'un comité d'entreprise extraordinaire. De son côté, Me Michel Dossetto, avocat de la direction, temporise : « Rien n'est décidé, à l'heure actuelle », assure-t-il, indiquant que la décision serait prise aujourd'hui.

Si elle est déposée, puis acceptée par le tribunal de commerce, cette demande pourraît entraîner l'arrêt de l'activité de l'UNM. Une hypothèse qui révolte le personnel : « C'est un scandale. La direction est prête à saborder son entreprise pour satisfaire l'appétit de Boluda », s'indigne Olivier Mateu, délégué CGT. Outre cette menace, le personnel a appris hier, toujours selon la CGT, une seconde nouvelle : « Nous ne percevrons pas notre paye de février. L'UNM n'a, soi-disant, plus les moyens », rapporte le syndicaliste. Ces annonces interviennent dans un climat social tendu : depuis lundi, le site est paralysé par une grève des salariés, qui protestent contre le licenciement de sept de leurs collègues. « Ils ont été renvoyés pour avoir fait trois heures de grève en janvier. C'était un prétexte pour commencer à couler la boîte », explique Olivier Mateu. Dès lors, les relations entre l'espagnol Boluda et les travailleurs marseillais n'ont cessé de se dégrader. « Ils ne respectent pas le droit français », dénonce le délégué CGT. Mardi après-midi, une délégation s'est rendue à la préfecture pour demander l'aide des pouvoirs publics : « Depuis le début, on demande une table ronde avec l'UNM, Boluda et les décideurs locaux. Maintenant, ça devient urgent. Si on veut trouver une solution, il faut discuter », poursuit le syndicaliste, qui insiste : « Avec ou sans Boluda, il ne faut pas que notre savoir-faire se perde. Nous ne voulons pas que cent trente familles se retrouvent à la rue. » ■