Le tunnel Prado Sud se paie une opposition

Antoine Pateffoz

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De fortes nuisances liées aux travaux, puis une circulation rendue plus difficile « au seul profit du tunnel payant », à 1,90 euros la traversée. L'association de défense des riverains (Adriv) du chantier du tunnel Prado Sud est remontée à bloc. Prévu sur 1,5 km pour relier les boulevards du Prado et Michelet au tunnel Prado-Carénage et à l'autoroute A 50, le tunnel doit voir le jour en 2013. Le projet avait été lancé en 2007 par l'UMP, alors aux commandes de la communauté urbaine Marseille Provence Métropole (MPM). En mars 2008, le chantier et l'exploitation du tunnel ont été délégués pour quarante-six ans à Vinci-Eiffage, déjà actionnaires du tunnel Prado-Carénage. Le groupe Bouygues n'avait finalement pas donné suite à l'appel d'offres de MPM. Aujourd'hui, il reste à attendre les conclusions du commissaire enquêteur, qui étudie les doléances.

Vendredi, les élus du groupe communiste de MPM, et l'Adriv, lui ont remis leurs conclusions. Créée début janvier, l'association a réuni depuis quelque 650 membres. Paul Rauzy, un des fondateurs, estime que les riverains ont été « roulés dans la farine ». « Nous avons découvert fin novembre, après une réunion du comité d'intérêt de quartier, qu'il y aurait une tranchée ouverte durant les travaux sur le boulevard Rabatau ! » Pour l'association, ce type d'ouvrage risque d'augmenter fortement les nuisances. Pas hostile au tunnel, le maire de secteur, Dominique Tian (UMP), n'en est pas moins sur la même longueur d'ondes concernant Rabatau : il réclame « des efforts » quant à la manière de mener les travaux, en utilisant une « taupe ».

Mais une fois les travaux terminés, quid de la circulation ? Sur le boulevard Rabatau, l'Adriv estime que malgré le tunnel, la circulation va être congestionnée de par la réduction à deux voies et la suppression annoncée de la passerelle Ferrié. Un diagnostic que ne partage pas vraiment le maire de secteur : « Il ne s'agit que d'une hypothèse de travail », estime Dominique Tian.

L'élu partage cependant les inquiétudes des riverains sur Michelet et le deuxième Prado, où sont prévues des suppressions de voies, de même que sur le rond-point du Prado transformé en un « énorme camembert troué et polluant », selon l'Adriv. Pour l'association, tout est fait pour privilégier le futur tunnel, afin de respecter certains engagements de MPM (lire ci-dessous). Vendredi les élus communistes ont dénoncé un projet « en contradiction avec le plan de déplacement urbain et son objectif de développement du réseau de transports publics ». Autres motifs d'inquiétude, selon Dominique Tian, le coût supporté par MPM pour la remise en service de la voierie de surface et les tarifs pour les conducteurs (1,90 euros pour le seul tunnel Prado Sud). Selon le calendrier, l'enquête publique sur le tunnel devrait se terminer en juin. Les travaux commenceraient tout de suite après. ■