Pour être aidé, il faut embaucher local

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Le mot d'ordre : que les tournages profitent également à l'hôte, c'est-à-dire à Marseille, à la région, aux hôteliers, et, surtout, aux acteurs et aux équipes techniques. Ainsi, si le Bureau du cinéma de la ville met des sites à disposition gratuitement, elle demande en retour l'embauche de locaux. Il n'y aucune garantie, le système n'étant pas contraignant, mais Eliane Zayan, conseillère municipale (UMP) déléguée pour le cinéma, souhaite le renforcer.

Du côté de la région, par contre, les aides sont conditionnées. Ainsi, pour les longs métrages, 50% du tournage doit être effectué sur place (au moins trois semaines pour les plus longs). Pour les courts métrages, la totalité doit être tournée dans la région, sauf pour les producteurs et réalisateurs locaux qui, eux, peuvent aller où bon leur chante. Même chose pour les auteurs locaux de documentaires, à l'inverse de leurs homologues extra-régionaux qui doivent tourner à 50% en Paca. La règle des 50% s'applique aux téléfilms et aux séries. Les aides régionales constituent donc une forme d'incitation à l'embauche.

« Le système fonctionne pour certains types de postes, mais ça concerne peu de monde, estime Christian Geschvindermann de la CGT Spectacles, à Marseille. Il y a surtout des embauches techniques car les postes hiérarchiques viennent avec la production. Et le travail de post-production se fait en grande partie à Paris. » La CGT-SNTR (Syndicat national des techniciens et réalisateurs) note également que, dans la région, « on rencontre beaucoup de difficultés à faire respecter la convention collective de l'audiovisuel ». ■ A. P.