Marseille : La mairie rachète un McDonald’s des quartiers Nord destiné à devenir un fast-food solidaire

MIEUX VIVRE LA VILLE Le maire socialiste de Marseille Benoît Payan va proposer au conseil municipal de racheter le McDonald’s de Saint-Barthélémy destiné à devenir l’Après M, un restaurant solidaire

Mathilde Ceilles

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Le maire de Marseille a annoncé racheter les murs de ce McDonald's au coeur des quartiers Nord
Le maire de Marseille a annoncé racheter les murs de ce McDonald's au coeur des quartiers Nord — Mathilde Ceilles / 20 Minutes
  • Le maire de Marseille a annoncé ce mercredi dans la matinée qu’il allait racheter le McDonald’s de Saint-Barthélémy, dans les quartiers Nord.
  • Des riverains souhaitent en effet le transformer en restaurant solidaire, et avaient lancé pour cela un appel aux dons pour devenir propriétaire de ces lieux.
  • Jusqu’ici, le restaurant était squatté et était devenu un lieu de solidarité envers les plus démunis du quartier.

Devant cet ancien McDonald's​ des quartiers Nord de Marseille qu’ils cherchent à racheter pour le transformer en fast-food social, en ce mercredi matin, les bénévoles de l’Après M explosent de joie. Ils entonnent également un air de victoire, sur la célèbre mélodie qu’affectionnent les supporters de l’OM dans les virages du Vélodrome. « Nous sommes l’Après M ! Et nous avons les clefs ! Alleeeez l’Après M ! »

Le maire socialiste de Marseille vient de leur faire une annonce un peu spéciale, sur ce lieu réquisitionné par des riverains depuis le début de la crise sanitaire pour venir en aide aux plus démunis. « La ville de Marseille prend ses responsabilités, lance Benoît Payan. J’ai eu avant-hier le président de McDonald’s France pour lui indiquer la décision de la ville d’acheter le McDonald’s. Je lui ai dit que le 9 juillet au conseil municipal, je présenterai un rapport aux conseillers municipaux indiquant que la ville va se porter acquéreur du McDonald’s. »

Une acquisition à hauteur de 650.000 euros

Une transaction qui se ferait, selon le maire de Marseille, « dans les mois qui arrivent ». « Il faut encore déterminer le prix, mais on est autour des 600.000 ou 650.000 euros », affirme Benoît Payan. Le maire, qui s’était plaint il y a quelques mois d’avoir hérité d’une municipalité avec des comptes « dans le rouge », assume ces dépenses. « Les finances étaient dans le rouge en raison de choix politiques de la précédente majorité qui n’étaient pas faits pour les gens. Là, nous mettons 600.000 euros pour les gens du quartier. Ce n’est pas de l’argent mal utilisé. » Une initiative que même les opposants de Benoît Payan saluent. « Enfin une vraie action en onze mois pour le Printemps marseillais », souffle la cheffe de file LR au conseil municipal Catherine Pila.

Initialement, après avoir sollicité la mairie, les porteurs du projet avaient lancé le mois dernier un appel de fonds citoyens pour racheter les murs. « Nous avions récolté 100.000 euros, soit 10 % de la somme que nous recherchions, confie Fathi Bouaroua, trésorier de l’association L’Après M. Nous allons utiliser ces dons pour les travaux dans le restaurant, l’achat de meubles, de matériel et avoir une dotation de démarrage. »

Un bail emphytéotique

McDonald’s ne voulant pas directement vendre aux porteurs du projet, constitués d’anciens salariés grévistes du fast-food, les bénévoles de l’Après M comptaient sur la mairie pour racheter les lieux, et ensuite leur revendre. Mais les choses pourraient légèrement changer. « L’idée est de rester propriétaire du lieu pour l’instant, afin de sécuriser les choses », affirme Benoît Payan. Et d’assurer : « Je ne souhaite pas intervenir dans la gestion de ce lieu. »

« Il faut se féliciter de cette annonce, mais ce scénario n’est pas celui qu’on aurait voulu, avoue Fathi Bouaroua. On ne veut pas dépendre d’une collectivité pour ne pas être soumis à la pression politique. Je reste prudent et nous allons tout faire pour mettre en place un bail emphytéotique. »

Contacté, McDonald’s France « confirme être entré en discussion pour la vente du site de Saint-Barthélémy à la mairie de Marseille qui en deviendrait l’unique propriétaire. » Pour autant, « tant que McDonald’s France reste propriétaire du site, l’enseigne met tout en œuvre pour assurer la sécurité des personnes et des biens. Ainsi, l’enseigne a diligenté plusieurs procédures auprès des autorités compétentes pour faire cesser dans les meilleurs délais l’occupation illégale en cours. »