Gare à la crise à l'ouest du département

Frédéric Legrand

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Autour de l'étang de Berre et autour d'Arles, le tissu économique « cumule les fragilités », selon une étude publiée lundi par l'Insee*. S'appuyant sur la répartition des emplois par secteurs, type d'activité, concentration géographique, taux de chômage et qualification de la main d'oeuvre, l'institut a établi une classification à cinq niveaux de fragilité sur l'ensemble de Paca.

L'ouest des Bouches-du-Rhône apparaît comme la zone la plus exposée. Surtout le pourtour de l'étang de Berre, dont l'activité « est la plus spécialisée et concentrée de la région », note l'Insee. Dix entreprises de pétrochimie et d'industrie lourde y concentrent 25 % de l'emploi. « Ces établissements répondent à des logiques de marché mondial, souligne l'étude. Un choc soudain serait d'autant plus déstabilisant que le marché local connaît déjà des difficultés de retour à l'emploi. » Un tiers des demandeurs d'emploi de la zone sont en effet des chômeurs de longue durée.

La zone d'Arles est plus diversifiée, avec des entreprises de logistique et de commerce de gros, mais le taux de chômage est élevé et la création d'emplois « atone » entre 1999 et 2006.

Plus au nord, Châteaurenard, Carpentras et Orange apparaîssent essentiellement spécialisées dans l'agriculture, l'agroalimentaire et le commerce de gros. Elles sont donc « fortement dépendantes des marchés extérieurs » et un tiers de leur main-d'oeuvre est peu diplômée, un record régional.

Le long du littoral et dans l'arrière-pays, les grosses agglomérations (Avignon, Aix, Marseille, Toulon, Nice) tirent leur épingle du jeu grâce à une diversification des entreprises, une forte présence du secteur public et l'importance de l'économie « résidentielle » (services aux personnes, restauration, hôtellerie).

L'Insee met cependant en garde : toutes zones confondues, la région tire une part non négligeable de son activité du tourisme. Un secteur qui pourrait, lui aussi, pâtir de la crise. ■* Disponible sur www.insee.fr/paca