Les «néo-Marseillais» débarquent

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Depuis 1990, Marseille accueille plus d’habitants qu’elle n’en perd. D’après une étude de l’Agence de l’urbanisme de l’agglomération marseillaise (Agam), les huit premières villes de France voient davantage de leurs habitants emménager à Marseille que de Marseillais s’installer chez elles. Cela s’est vérifié jeudi, lors de la réception organisée par la mairie au Parc Chanot en l’honneur des « néo- Marseillais ». Invitées grâce au fichier de changement d’adresse de la Poste, 2 800 personnes, arrivées à Marseille depuis novembre 2003, étaient attendues par Jean-Claude Gaudin et ses adjoints au grand complet. Trois cents personnes ont fait le déplacement. Dans un long discours, Jean-Claude Gaudin joue cartes sur tables : « La circulation est une des choses qui ne vont pas ici. Il y a aussi de la violence dans cette ville, mais il y a surtout de la fraternité. » Dans l’assistance, beaucoup d’anciens Parisiens. D’après l’Agam, la capitale est la première pourvoyeuse de « néo-Marseillais » (plus de 7 000 en dix ans). Comme Gilles et Caroline, qui ont eu envie de quitter Paris « mais pour retrouver une grande ville. Et puis avec le TGV, on peut facilement remonter en trois heures pour une réunion ». D’après le dernier recensement réalisé par l’Insee, les trois quarts des nouveaux Marseillais ont moins de 40 ans. La moitié des arrivants viennent seuls, sans conjoint ni enfant. Revers de la médaille : les risques de flambée de l’immobilier. L’Agam craint que le marché du logement « ne soit plus accessible à tous » et que les terrains affectés aux projets immobiliers deviennent de plus en plus chers. Frédéric Legrand

emploi L’Agam conseille à la communauté urbaine de continuer la bataille pour l’emploi (il en manquerait 100 000 à Marseille par rapport à Lyon) et d’améliorer l’accessibilité de la ville par air, route, train et fleuve.