Marseille : Des habitants des quartiers Nord se mobilisent pour racheter un McDonald's

SOLIDARITE Des habitants des quartiers Nord de Marseille lancent un appel aux fonds citoyens pour racheter l'ancien McDonald's de Saint-Barthélémy et le transformer en fast-food social 

Mathilde Ceilles

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Des habitants du quartier Nord ont repris un ancien McDonald's
Des habitants du quartier Nord ont repris un ancien McDonald's — NICOLAS TUCAT / AFP
  • A Marseille, un ancien McDonald’s des quartiers Nord est devenu un lieu social à destination des plus démunis.
  • Les porteurs de ce projet lancent un appel pour racheter les murs, et lancer un fast-food social.
  • Les bâtiments seraient d’abord vendus à la ville de Marseille, qui les revendrait ensuite aux porteurs du projet pour environ 600.000 euros.

C’était avant la « place du village », coincée entre des barres d’immeubles et une route passante. Dans les quartiers Nord de Marseille, depuis sa liquidation judiciaire en décembre 2019, l’ancien McDonald's de Saint-Barthélémy s’est mué en une plateforme sociale venant en aide aux plus démunis. Depuis le premier confinement, pas moins de 100.000 personnes ont déjà pu recevoir des colis alimentaires entre les quatre murs du géant de la restauration rapide, où subsistent encore les affiches publicitaires ​promouvant les célèbres hamburgers.

Des murs qui appartiennent toujours à McDonald’s… pour l’instant. Pour transformer ce lieu en un fast-food social, les porteurs du projet souhaitent en effet ni plus ni moins racheter le restaurant, pour en être officiellement les propriétaires.

Une société citoyenne immobilière

« Nous voulons créer une société citoyenne immobilière de 50.000 personnes, explique Fathi Bouaroua. Chaque part coûte 25 euros. Cela fait 1,250 million, ce qui permettrait de racheter le lieu, de réhabiliter le matériel et de doter la future coopérative, et donc le futur restaurant, d’un fonds de roulement. »

McDonald’s se serait dit prêt à vendre le restaurant… mais refuserait de le faire directement aux porteurs du projet, avec qui la société a été en conflit. En effet, pour rappel, la naissance de l’Après M découle d’une longue lutte sociale des salariés de ce McDonald’s. « Nous avons sollicité la médiation de la ville, poursuite Fathi Bouaroua. Nous avons rencontré le maire de Marseille, qui s’est dit prêt à soutenir le projet et à faire l’intermédiaire. » Concrètement, McDonald’s revendrait le restaurant à la ville de Marseille, qui le revendrait ensuite aux bénévoles de l’Après M.

Une quarantaine de salariés

« Si on arrive rapidement à faire monter l’euromètre, la ville s’empressera de proposer à McDonald’s de l’acheter, pronostique Fathi Bouaroua. Nous pensons que dans les deux mois, si on peut obtenir la moitié de nos espérances, nous serons déjà en capacité d’acheter puisque le lieu est estimé entre 600.000 et 700.000, soit la moitié de la somme que nous voulons récolter. »

Et d’ajouter : « Si nous arrivons à devenir propriétaire, nous avons déjà fait une étude de faisabilité, nous serions en capacité de gérer de manière autonome 37 salariés, avec l’objectif d’avoir à terme 77 salariés », soit le nombre initial qu’employait ce McDonald’s avant sa fermeture. Les porteurs du projet espèrent à la fois recréer un lieu de vie au cœur des quartiers Nord, accessible au plus grand nombre, mais aussi donner du travail aux anciens salariés de ce McDonald’s, et d’autres jeunes du quartier qui peinent à trouver un emploi.

« Nous espérons acheter ce lieu l’année prochaine », annonce Fathi Bouaraoua. La souscription sera officiellement ouverte ce samedi, avec possibilité d’acquérir directement sur place une part dans la future société immobilière. Un site Internet, lancé le 15 mai, permettra également d’acheter des parts en ligne.