Marseille : Vélos libre-service, trottinettes, zone 30… Quelles solutions contre le tout-voiture dans les Calanques ?

TRANSPORT A quelques semaines de la saison estivale, la ville de Marseille a présenté une série de mesures pour réduire le nombre de voitures dans les Calanques aujourd’hui surfréquentées

Mathilde Ceilles

— 

Marseille le 10 avril 2013 - Le quartier et le port des goudes
Marseille le 10 avril 2013 - Le quartier et le port des goudes — P.MAGNIEN / 20 MINUTES

Un parc des Calanques sans voiture, sans bouchon, sans voiture garée à l’arrache sur le bas-côté qui endommage la biodiversité ? A Marseille, ce scenario apparaît pour l’heure comme une douce utopie, tant une visite dans le paradisiaque parc des Calanques, aujourd’hui surfréquenté, peut tourner à l’enfer dès les premiers rayons du soleil, faute de transports en commun et de parkings suffisants.

Alors que le parc a déjà commencé à chasser les voitures de certains de ses sites, la ville de Marseille a présenté ce mercredi une série de mesures effectives dès cet été pour tenter de faire baisser le nombre de véhicules au sein du parc.

Trottinette et vélos en libre-service

C’est l’une des grandes nouveautés annoncées par Audrey Gatian. L’adjointe à la mobilité promet en effet la mise en œuvre d’un service de vélo dit en free-floating, expérimenté du Parc Pastré jusqu’aux Goudes. « L’idée n’est pas de concurrencer l’offre de vélo proposée par la métropole, puisque cette zone n’en propose pas, affirme-t-elle. Nous préparons un appel à projet pour désigner un opérateur. L’idée est de répondre à l’urgence. Les vélos libre-service ne régleront pas le problème du manque de transports en commun, mais c’est une solution alternative. »

La dernière borne du service de location de vélo de la métropole se trouve en effet à proximité du Parc Pastré, même si la métrpole promet la mise en place de nouvelles stations, notamment aux Goudes. Le nombre de vélos disponibles et la date exacte de mise en service restent pour l’heure à déterminer, mais Audrey Gatian promet une mise en œuvre pour l’été « à un tarif accessible ». « Comme pour les trottinettes, il y aura des zones de stationnement réservé », promet l’adjoint au maire. En parallèle, la ville de Marseille va étendre la zone d’accès des trottinettes en libre-service pour que celle-ci couvre la route des Goudes, qui passera également en zone 30 pour sécuriser les deux-roues.

Un nombre réduit d’ayants droit

A l’arrivée des beaux jours, quelques calanques, comme celles de Sormiou et Morgiou, sont officiellement interdites d’accès… sauf exception. Depuis des années, un système d’ayants droit perdure, à destination de riverains. Une notion toute relative, à en croire l’adjoint au maire en charge de la sécurité, Yannick Ohanessian. « Pendant des années, on a délivré des laissez-passer multiples, affirme-t-il. Quand nous sommes arrivés l’été dernier, il y avait 1.900 demandes. J’ai considéré que c’était trop, et qu’il fallait revoir ce chiffre à la baisse, en limitant notamment aux cabanoniers et aux véhicules de secours incendie. Nous devrions arriver à 1.200 laissez-passer cette année. » Pour contrôler ces accès, la mairie mettra d’ailleurs en place un système de QR-code afin de faciliter le travail des agents de sécurité.

Quid du stationnement anarchique ?

A en croire Martine Vassal, c’était l’un des principaux freins pour augmenter le nombre de bus dans les Calanques, et notamment aux Goudes. « La plus grande problématique pour nous reste le stationnement anarchique, estimait il y a quelques semaines la présidente LR de la métropole. On compte donc sur l’appui de la police municipale. Si on est assuré que le stationnement anarchique n’existe plus, on pourra envisager un bus plus conséquent en termes de capacité. Aujourd’hui, il n’est pas question d’engager des bus pour qu’ils restent coincés ! C’est à la ville d’accepter de travailler sur ces questions. »

« On ne peut pas envoyer à la fourrière ces véhicules de façon réglementaire, affirme Yannick Ohanessian. On peut envoyer à la fourrière les stationnements dangereux, et non les stationnements abusifs. » Et de s’agacer : . « Les deux derniers week-ends, il n’y avait plus de stationnement anarchique au point de gêner la circulation d’un bus. A chaque fois, la police municipale est mobilisée sur ces questions. J’ai demandé à ce que soit imaginé un dispositif de vacation jusqu’à tard le soir, et le week-end. Et je travaille avec la préfète de police sur un programme sur la sécurisation des Calanques. »

Une manière aussi d’adresser un message à la métropole. « Nous demandons beaucoup plus de navettes, peste l’adjoint au maire en charge de la sécurité. Personne ne doit se cacher derrière son petit doigt. Il est temps pour la métropole de passer à l’action. » Contactée, la métropole d’Aix-Marseille Provence rappelle qu’une « consultation globale sera lancée prochainement en collaboration avec le Parc National des Calanques ».