Une hausse des impôts locaux dans les tuyaux

Frédéric Legrand

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Comme un parfum de plus d'impôts. Dans un contexte financier tendu, la Ville de Marseille estime que « la contraction de certaines ressources implique l'éventualité d'un recours au levier fiscal » en 2009. Les élus doivent en débattre ce matin en conseil municipal. Pour le moment, on n'en est qu'au stade des grandes orientations. « Nous déciderons fin mars », explique Jean-Louis Tourret, adjoint (UMP) au maire délégué aux finances.

Mais tous les indicateurs semblent dire « hausse d'impôts ». Le produit des taxes a augmenté l'an dernier de 3,2 %, notamment en raison de la croissance de la population. « Mais cela ne suffira probablement pas à dégager des marges de manoeuvre », estime Jean-Louis Tourret. Idem pour les dotations de l'Etat, qui augmentent, mais moins que l'inflation. La Ville espère trouver de l'argent en économisant sur les dépenses de fonctionnement, qui représentent plus de 80 % de son budget total (1,6 milliard d'euros). « Elles progresseront moins vite que l'inflation, assure Jean-Louis Tourret. Faire des efforts sur ce poste est le seul moyen d'investir. »

En parallèle, la municipalité réduit la voilure sur les investissements : 235 millions prévus en 2009, contre 245 millions l'an dernier. Mais tout cela ne serait pas suffisant. Reste donc l'augmentation des impôts. « Nous savons que les Marseillais ont des difficultés, note l'adjoint aux finances. Nous faisons le maximum pour que ce soit le minimum. » Les dernières hausses datent de 2005 et 2006 et avaient atteint respectivement 4,85 % et 2,85 %. « En moyenne, sur nos deux premiers mandats, les impôts ont augmenté de 1,5 % chaque année, relève Jean-Louis Tourret. C'est moins que l'inflation. » Pas sûr que l'argument porte alors que le conseil général et le conseil régional ont, de leur côté, voté des budgets sans hausse d'impôts. Les débats au conseil municipal, où l'UMP n'a qu'une majorité de deux sièges, s'annoncent serrés. ■