Trafics de drogues : Gérald Darmanin en déplacement ce jeudi à Marseille

SECURITE Le ministre de l’Intérieur se rendra également vendredi à Rognac et à Arles

20 Minutes avec AFP

— 

Les quartiers nord de Marseille, le 1er décembre 2020.
Les quartiers nord de Marseille, le 1er décembre 2020. — Lionel Urman/SIPA

Le ministre de l’Intérieur va débuter ce jeudi une tournée dans les Bouches-du-Rhône. Après une passe d’armes avec la ville de Marseille autour des caméras de surveillance, il vient apporter l’aide de l’Etat à la cité phocéenne, gangrenée par les réseaux de stupéfiants.

Gérald Darmanin entend montrer qu’il est « attentif à la situation de Marseille », a indiqué son entourage, soulignant « l’effort très important » du gouvernement, avec 300 policiers en renfort. Après la deuxième ville de France ce jeudi, le ministre se rendra vendredi à Rognac et Arles.

Des policiers supplémentaires

La tension était montée il y a une semaine avec la nouvelle municipalité de gauche, après que le ministre lui eut reproché d’avoir « refusé » l’argent qu’il proposait pour de la vidéoprotection. « Jusqu’à preuve du contraire, une caméra n’a jamais arrêté le moindre voleur, encore moins un trafic de drogue », avait rétorqué Yannick Ohanessian, l’adjoint à la sécurité. Quelques heures après sa déclaration, le ministre dévoilait cette arrivée de 300 nouveaux policiers, « dont 100 en 2021 ».

Au-delà de ces effectifs supplémentaires, c’est la stratégie de lutte contre la délinquance, et notamment les trafics de drogue, qui devrait être abordée entre les élus marseillais et le ministre. Selon les derniers chiffres policiers, révélés mercredi par La Provence, Marseille compterait 156 « plans stups », dont certains accueilleraient jusqu’à 2.000 clients par jour, pour des revenus quotidiens de 80.000 euros. Face à ce phénomène, la nouvelle municipalité ne compte pas sur la vidéo. « Je préfère embaucher des policiers », confirme Benoît Payan, le maire de Marseille.

Visite d’un commissariat dans les quartiers nord

Yannick Ohanessian dénonce d’ailleurs un « manque criant » d’effectifs policiers, avec « à peine six équipages de BAC (brigades anticriminalité) la nuit » : « Sur les trois dernières années, on a perdu 200 à 300 policiers nationaux sur la voie publique ». Marseille s’est engagée à recruter 100 policiers municipaux, en plus des 421 déjà en place. Objectif : renforcer la police municipale de nuit, « très insuffisante », et assurer « davantage de missions d’îlotage, pour mailler l’ensemble du territoire ». Un défi, dans une ville plus de deux fois plus étendue que Paris.

Lors de sa visite jeudi dans le commissariat du 15e arrondissement, dans les quartiers populaires et déshérités du nord de la ville, les plus touchés par les trafics de drogues, Gérald Darmanin devrait revenir sur « l’approche globale », stratégie adoptée fin 2012 associant coopération renforcée entre tous les services de l’Etat face aux trafiquants et interventions sur l’habitat, l’urbanisme et le social.