Marseille : A quoi va ressembler le futur métro ?

TRANSPORTS Après une quarantaine d’années de service, les rames du métro de Marseille vont être remplacées à partir de 2023 par des rames plus modernes et automatiques

Mathilde Ceilles

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Le nouveau métro de Marseille sera entièrement automatisé
Le nouveau métro de Marseille sera entièrement automatisé — Alstom Design&Styling / Ora ïto & Fabien Bourdier
  • La métropole d’Aix-Marseille Provence a présenté les nouvelles rames qui circuleront dans le métro marseillais.
  • Ces rames seront livrées en 2023, pour remplacer les actuelles qui circulent depuis quarante ans.

Faire entrer le métro de Marseille dans le XXIe siècle. Tel est le vœu qu’émet de la présidente LR de la métropole d’Aix-Marseille Provence, Martine Vassal, en présentant ce lundi les futures rames du métro marseillais. Et il faut dire qu’il était temps : les rames qui circulent actuellement dans la deuxième ville de France ont une quarantaine d’années… Soit la date d’inauguration du premier métro de la cité phocéenne.

Après avoir procédé à un vote en ligne qui a réuni près de 17.000 Marseillais, le projet « Ecouter la ville » imaginé par le designer marseillais Ora Ïto et le designer Fabien Bourdier a été sélectionné. « Ce métro, on le voulait intemporel, pour qu’il puisse traverser les époques, tout en préservant l’origine sous le prisme de la modernité, affirme Ora Ïto. Avec sa forme hexagonale, on a voulu l’épurer un maximum, avec un intérieur très clair à l’image de Marseille, avec des touches de bleu. Le blanc est une couleur pure qui peut traverser les époques. On a aussi voulu renforcer les fenêtres sur les côtés pour avoir l’impression d’avoir d’immenses fenêtres. »

Un métro entièrement automatisé

Surtout, ce métro sera climatisé et entièrement automatisé, sans conducteur, à l’image de ce qui équipe déjà la ligne 14 parisienne. « Les conducteurs actuels du métro, qui représentent environ 80 personnes, seront conservés au sein de la régie en tant qu’agents d’intervention, précise la directrice de la RTM Catherine Pila. Ils seront aptes à réagir en moins de dix minutes sur le terrain. »

« Nous serons le premier métro français qui passera dans sa totalité en gestion autonome, se réjouit Martine Vassal. Ça permet de rajouter des wagons supplémentaires et de bien respecter les horaires. Nous allons également équiper les quais de portes palières, ce qui est fantastique, car cela permet d’éviter que les gens tombent accidentellement sur les rails ou envoient des choses dessus. »

« Comme sur la ligne 14 à Paris »

Les 38 nouvelles rames conçues par Alstom « consommeront 25 % d’énergie en moins que les rames actuellement en service, grâce notamment au freinage électrique, à l’éclairage LED et d’autres optimisations », promet la métropole dans un communiqué. L’accès à la 4G et au WiFi y sera possible en 2023.

« Ce métro est ce qu’on appelle un métro boa, complètement ouvert, détaille Jean-Baptiste Eyméoud, président d’Alstom en France. Comme sur la ligne 14 à Paris, il sera possible de circuler d’une voiture à l’autre, ce qui permet une meilleure fluidité au sein du métro. Il sera également plus sécuritaire grâce à toutes les caméras et les systèmes d’information des voyageurs qui seront installés. »

Première rame en 2023

« La livraison de la première rame est prévue pour fin 2022, certainement janvier ou février 2023, espère Catherine Pila. Nous prévoyons un passage à l’automatisme intégral de la ligne 2 en octobre 2025 et de la ligne 1 en octobre 2026. » Les travaux d’installation de ces nouvelles rames se feront en effet uniquement de nuit, quand le métro ne circule plus, afin de ne pas interrompre le trafic.

« Avec les nouvelles équipes, nous faisons des points réguliers, et il n’est pas question d’avoir du retard », prévient Martine Vassal, quelque peu échaudée par la construction de la nouvelle station de métro Gèze qui a accusé cinq ans de retard.

Un contrat à 430 millions d’euros

Une transformation qui a un coût : le montant du contrat passé avec Alstom s’élève à 430 millions d’euros. « Le département met 80 millions d’euros, la métropole et la RTM apportent sur leurs réserves », indique Martine Vassal, sans plus de détails. La présidente de la métropole affirme avoir sollicité l’aide de la ville de Marseille pour ce financement, sans avoir de réponse. « Si elle le veut, elle le peut », tance la conseillère municipale de l’opposition.

Surtout, Martine Vassal espère obtenir une aide de l’Etat à travers le plan de relance. « Cela nous permettrait de dégager des marges de manœuvre, estime Martine Vassal. Mais le financement aujourd’hui est bouclé et la réalisation se fera. Si nous avons des financements de l’Etat, cela permettra de faire d’autres investissements. » Une rencontre est prévue entre des représentants du gouvernement et la présidente de la métropole sur le sujet cette semaine.

Des travaux dans les stations 

En parallèle de ce nouveau métro, la métropole promet également la mise en accessibilité progressive des stations de métro, avec sept stations (Vieux-Port, La Rose, Timone, Jules-Guesdes, Rond-Point du Prado, Castellane et Saint-Charles) en 2023. Les autres suivront « à partir de 2024 ».