Marseille : Les signalements à la justice pour habitat indigne ont augmenté en 2020

LOGEMENT Dominique Laurens, la procureure de la République de Marseille, a fait le point sur la question l’occasion de la rentrée

20 Minutes avec AFP

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La procureure de la République de Marseille, Dominique Laurens.
La procureure de la République de Marseille, Dominique Laurens. — CHRISTOPHE SIMON / AFP

Les signalements à la justice par la mairie de Marseille de cas d’habitat indigne ont augmenté en 2020, a annoncé vendredi la procureure de cette ville où l’effondrement d’un immeuble insalubre avait fait huit morts en 2018. Après l’écroulement mortel de ce bâtiment rue d’Aubagne, en plein cœur de la deuxième ville de France, de nombreuses voix avaient critiqué l’inaction de la mairie de droite, alors dirigée par Jean-Claude Gaudin, contre le mal-logement et les propriétaires ne respectant pas leurs obligations d’entretien.

« Sur le contentieux sensible de l’habitat indigne et insalubre, nous notons avec satisfaction l’augmentation des signalements de la mairie de Marseille », a déclaré la procureure de la République, Dominique Laurens lors de son discours de rentrée. Les agents publics sont normalement tenus, en vertu de l’article 40, de signaler les faits constitutifs d’un crime ou d’un délit. Au total, 49 enquêtes préliminaires et deux informations judiciaires ont été ouvertes en 2020 sur des « immeubles en péril » et 27 enquêtes préliminaires sur des « immeubles insalubres », des chiffres en augmentation, a précisé Dominique Laurens.

100.000 personnes vivent dans des taudis à Marseille

Le nouveau maire de Marseille, le socialiste Benoît Payan, a réitéré début janvier la volonté de sa majorité de lutter contre le logement insalubre et indigne. Environ 100.000 personnes vivent dans des taudis à Marseille, selon la Fondation Abbé-Pierre. Presque deux ans jour pour jour après le drame de la rue d’Aubagne, le parquet de Marseille avait annoncé la mise en examen de Julien Ruas, un ex-adjoint de l’ancien maire Jean-Claude Gaudin, des chefs d’homicides involontaires par violation délibérée, blessures involontaires par violation délibérée, mise en danger délibérée d’autrui.

Il était dans le précédent exécutif LR notamment chargé de la prévention et la gestion des risques. Deux autres mises en examen ont été prononcées dans le cadre de cette instruction, celle du syndic de la copropriété du 65, rue d’Aubagne, le seul des deux immeubles qui était occupé au moment de la catastrophe, et celle du bailleur social Marseille Habitat. Cette société d’économie mixte de la ville de Marseille était propriétaire du deuxième immeuble qui s’est effondré, sis au 63 de la rue d’Aubagne et dont l’accès avait été condamné en 2017.